Faux skippers : la riposte de l’État face à une arnaque en pleine mer
Face à la multiplication des offres frauduleuses de location de bateau par des « faux skippers », l’État français a engagé depuis l’été 2025 une campagne de contrôles renforcés sur les côtes et dans les ports de plaisance. Cette initiative vise à sécuriser un marché estival devenu un terrain propice à la supercherie, au détriment des vacanciers.
Derrière les apparences, des skippers sans permis
Selon 20 Minutes, plusieurs particuliers se feraient passer pour des professionnels du nautisme, usurpant l’identité de véritables capitaines pour proposer des sorties en mer sans en avoir ni le droit ni les compétences :
« Ces faux skippers ne possèdent ni permis adéquat, ni titre de conduite en règle. Ils exploitent la méconnaissance des clients pour les embarquer dans des conditions souvent illégales. »
Le risque est majeur : en cas d’accident, les assurances ne couvrent pas les passagers, et la responsabilité pénale retombe sur l’organisateur — souvent difficile à identifier après coup.
Sanctions prévues par la loi
La réglementation française est pourtant claire. Le Code des transports, dans son chapitre IV relatif aux sanctions pénales, prévoit des peines explicites contre ce type de pratiques. L’article L4274-11 stipule :
« Est puni de six mois d’emprisonnement et de 4 500 € d’amende le fait de conduire un bateau sans être titulaire d’un titre de conduite valable. »
Ces sanctions sont portées à un an d’emprisonnement et 6 000 € d’amende lorsque le navire est destiné au transport de passagers (article L4274-9). D’autres articles comme L4274-11-1 de ce même code visent également les membres d’équipage non qualifiés.
En complément, les juges peuvent décider de la suspension du certificat de qualification pour une durée allant jusqu’à trois ans, ainsi que de l’immobilisation du navire pour une durée maximale de trois mois.
Ces peines sont applicables à la fois au propriétaire du bateau et au conducteur lorsque les faits sont établis.
Contrôles étendus sur le littoral
Dans son enquête, 20 Minutes précise que les Affaires maritimes, les douanes et les services portuaires sont mobilisés pour détecter les infractions, notamment à travers la vérification des permis et titres professionnels, l’inspection de la liste des passagers et des contrats de location, et la mise en place d’interrogatoires sur les réseaux de réservation en ligne.
Afin de prévenir ces infractions, le ministère chargé de la Mer aurait demandé une remontée hebdomadaire des incidents afin de dresser une cartographie des points sensibles.

