Fin de la 2G : 8 millions d’appareils menacés en France

Obsolescence cachée, compte à rebours silencieux : des millions de dispositifs en France sont sur le point de perdre leur connexion vitale sans que personne ne s’en rende compte. Que cache vraiment la fermeture des réseaux 2G et 3G ?

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La 2G s’éteint dès 2025 : pourquoi ce changement est inévitable

La fermeture des réseaux 2G, suivie de celle de la 3G, a déjà commencé. Dès la fin de l’année 2025, Orange entamera l’extinction progressive de la 2G, tandis que SFR et Bouygues Telecom prévoient une coupure complète d’ici fin 2026. Quant à la 3G, elle sera successivement démantelée entre 2028 et 2029, selon l’opérateur. Ce calendrier a été confirmé par l’Arcep dans une plaquette officielle publiée en mars 2025 (« Les réseaux télécom mobiles 2G et 3G vont s’éteindre », Arcep, mars 2025).

Cette transition n’est pas anodine. Les fréquences libérées seront réaffectées à la 4G et à la 5G, bien plus performantes et sécurisées. Objectif : rationaliser l’infrastructure, améliorer la qualité de service, renforcer la sécurité des échanges et réduire la consommation énergétique du réseau. L’Arcep rappelle également que « les usages de la 2G et de la 3G sont devenus marginaux ». Pourtant, les risques liés à cette extinction sont loin d’être négligeables.

Alarme, téléassistance, ascenseurs : qui est concerné par l’arrêt de la 2G ?

Des millions d’équipements en France reposent encore silencieusement sur les réseaux mobiles 2G ou 3G pour fonctionner. Selon un article du Parisien daté du 18 août 2025, environ 8 millions d’appareils pourraient tomber en panne sèche si aucune mise à jour n’est faite à temps.

Parmi les plus exposés :
– les systèmes d’alarme connectée installés dans des logements anciens,
– les dispositifs de téléassistance pour les personnes âgées,
– les téléalarmes d’ascenseurs,
– certains visioportiers,
– des capteurs industriels,
– des équipements de surveillance environnementale.

Comme le cite Le Parisien, selon Alain Meslier, délégué général de la Fédération des Ascenseurs, « environ 230 000 ascenseurs sont encore équipés de dispositifs de communication fonctionnant exclusivement en 2G ».

Sans intervention rapide, ces équipements deviendront tout simplement inopérants. Les utilisateurs s’exposent à des pannes critiques, voire à des risques pour la sécurité des personnes.

Obsolescence accélérée : quel coût économique pour les usagers ?

La fermeture des réseaux 2G et 3G n’est pas une simple mise à jour technique. Elle induit des dépenses significatives pour les particuliers comme pour les collectivités. Selon les estimations croisées de l’Arcep et des industriels du secteur, la remise à niveau d’un ascenseur peut coûter entre 300 et 1 000 euros par appareil, selon le type de remplacement requis.

Les sociétés de téléassistance, de sécurité et de gestion d’immeubles doivent dès à présent diagnostiquer les équipements concernés, commander des modules compatibles 4G ou 5G, former leurs techniciens et planifier les interventions.

Le secteur automobile est lui aussi concerné. Le système eCall, utilisé pour les appels d’urgence automatiques en cas d’accident, repose encore partiellement sur les anciennes générations de réseau dans de nombreux véhicules mis en circulation avant 2018. Sans mise à jour du module, ce service peut devenir inopérant.

Les collectivités, elles, doivent aussi adapter leurs réseaux de capteurs environnementaux, souvent installés en 2G pour leur faible consommation d’énergie.

Ce qu’il faut faire maintenant : diagnostic, vérification, remplacement

L’Arcep recommande expressément de ne pas attendre la date limite pour réagir. La priorité : identifier les équipements encore dépendants de la 2G ou de la 3G. Une fois ce diagnostic réalisé, plusieurs solutions existent :
– remplacer les modules techniques par des versions compatibles 4G,
– opter pour une solution filaire ou IP là où c’est possible,
– éviter les migrations vers des technologies en fin de vie (comme le réseau cuivre).

Les fabricants et prestataires doivent également informer leurs clients, mettre à jour leurs catalogues, et cesser la commercialisation de produits ne supportant pas les réseaux récents.

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