Gérald Darmanin : une réforme choc de l’assurance-chômage pour 2025 ?

Un projet audacieux, des chiffres en alerte, et une volonté politique tranchante. Gérald Darmanin frappe fort, relançant un débat explosif sur l’assurance-chômage.

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Assurance Chomage Darmanin
Gérald Darmanin : une réforme choc de l’assurance-chômage pour 2025 ? | journaldeleconomie.fr

Le 12 juin 2025, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a proposé une réforme radicale de l’assurance-chômage en France. Lors d’un passage sur BFM-TV, il a évoqué une mesure choc : diviser par deux la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Une annonce qui intervient alors que le déficit public s’accentue, atteignant 5,5 % du produit intérieur brut selon les derniers chiffres de l’Insee. Cette proposition s’inscrit dans une logique de réorientation budgétaire, mais soulève de profondes tensions politiques et sociales.

Réduire l’assurance-chômage pour financer les priorités budgétaires

Gérald Darmanin ne s’en cache pas : il veut redéployer les dépenses publiques. Sur le plateau de BFM-TV, il a déclaré vouloir réduire la durée d’indemnisation à « entre six et neuf mois » au lieu des dix-huit mois actuels. L’objectif est clair : dégager des marges budgétaires pour renforcer les crédits alloués à la Justice, à l’Éducation nationale et à la Défense. « Si on veut financer ce budget de la justice, ce budget de l’Éducation nationale, de la Défense, il faut que nous fassions des efforts sur le budget social », a-t-il affirmé.

Ce choix budgétaire s’inscrit dans la continuité des précédentes réformes, notamment le décret n° 2023-33 qui modulait déjà l’indemnisation selon le taux de chômage. Mais cette fois, la rupture est nette : une division par deux, sans condition de cycle économique.

Un outil pour pousser les chômeurs vers les métiers en tension ?

Derrière cette réforme, se profile aussi un objectif de réinsertion rapide. Gérald Darmanin l’assume : il veut forcer les chômeurs à reprendre un emploi. « Plein de gens ne bossent pas, il faut les forcer à aller travailler », a-t-il déclaré sans ambages sur BFMTV.

Le ministre considère que, dans un pays où le taux de chômage reste stable à 7,4 % malgré des milliers de postes non pourvus, l’assurance-chômage est devenue un frein à l’emploi. Il propose donc de conditionner l’indemnisation à la recherche active d’emploi. Fred Hermel, éditorialiste à RMC, souligne dans un commentaire que « l’indemnisation pourrait être liée à la durée de cotisation, récompensant ceux qui ont le plus contribué ».

Une alternative à l’allongement de l’âge de départ à la retraite ?

Interrogé sur l’avenir des retraites, Gérald Darmanin précise qu’il refuse de repousser l’âge légal au-delà de 64 ans. À ses yeux, « plutôt que de repousser l’âge de départ en retraite, je ferais une grande réforme de l’assurance-chômage », des propos rappportés par L’Humanité.

Cette stratégie traduit une volonté de maîtriser les dépenses sociales sans raviver l’explosion sociale que pourrait provoquer une nouvelle réforme des retraites. La baisse de la durée d’indemnisation apparaît comme un levier plus discret mais tout aussi efficace pour réduire les déficits.

Un projet à coloration libérale qui creuse les inégalités ?

Critiqué par l’opposition et une partie des syndicats, le projet est perçu comme un cadeau idéologique aux milieux patronaux. Lors d’un précédent meeting à Lille en mars 2025, Gérald Darmanin avait aussi évoqué la suppression des droits de succession, la TVA comme mode de financement du modèle social, et même la capitalisation partielle des retraites. Un programme que L’Humanité qualifie de « libéralisme assumé au service des plus aisés », toujours selon L’Humanité.

Si la réforme devait aboutir, elle pourrait affecter près de 2,5 millions de bénéficiaires, selon les dernières données de l’Unédic. Les syndicats s’inquiètent déjà d’une explosion de la précarité, en particulier chez les jeunes actifs et les seniors.

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