Les tranches de l’impôt sur le revenu pourraient être relevées de 1,8% en 2025. Une mesure sous conditions qui touche des millions de contribuables. Voici ce qui vous attend si le budget est adopté.
Impôt sur le revenu : un ajustement prudent face à l’inflation
La revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu pour 2025 est au cœur des discussions budgétaires. Avec une inflation atteignant 2% en 2024, le gouvernement propose une augmentation de 1,8% des seuils d’imposition. Ce compromis, validé par les représentants de la Commission Mixte Paritaire, vise à contenir l’effet de l’inflation tout en limitant le manque à gagner pour l’État.
Le Premier ministre François Bayrou a décidé d’utiliser l’article 49-3 de la Constitution pour faire passer ce budget sans vote, soulignant l’urgence de stabiliser les finances publiques. « Cette mesure protégera les revenus modestes tout en maintenant notre engagement budgétaire », a déclaré Éric Lombard, ministre de l’Économie.
Des nouvelles tranches d’imposition pour 2025
Les seuils d’imposition devraient ainsi être relevés, pour suivre partiellement la hausse des prix. Les revenus jusqu’à 11.497 euros resteront exonérés. La tranche de 11% couvrira les revenus compris entre 11.498 et 29.315 euros, contre 28.797 euros précédemment. Le taux de 30% s’appliquera de 29.316 à 83.823 euros. Enfin, les taux de 41% et 45% concerneront les revenus supérieurs à 83.824 et 180.295 euros respectivement.
Cette revalorisation préserve environ 18 millions de contribuables d’une hausse d’impôt. De plus, près de 600.000 foyers, qui auraient pu devenir imposables, resteront non assujettis grâce à cet ajustement.
Quels risques en cas de rejet du budget ?
En l’absence d’adoption du budget avant mercredi 5 février, une loi spéciale déjà en vigueur permettrait à l’État de continuer à prélever les impôts, mais sans l’indexation des tranches sur l’inflation. Cela pourrait entraîner une hausse d’imposition pour certains contribuables, même sans augmentation de leurs revenus.
« Les Français qui ne paient pas d’impôt aujourd’hui n’en paieront pas demain », a rassuré Éric Lombard. Cependant, le décalage entre l’inflation et l’indexation reste un sujet de tension.
L’ancien gouvernement de Michel Barnier avait proposé une revalorisation complète de 2%, ce qui aurait coûté près de 3,7 milliards d’euros de recettes fiscales. Le nouvel exécutif a opté pour une mesure jugée plus équilibrée.

