La campagne 2025 de déclaration des revenus en ligne touche à sa fin pour une dernière partie du territoire. Cette échéance administrative concerne des millions de contribuables, dans un contexte de modernisation continue des services fiscaux et de vigilance accrue sur les obligations déclaratives des impôts.
Jeudi 5 juin 2025 constitue la date limite fixée par l’administration fiscale pour finaliser sa déclaration de revenus 2024 en ligne, pour les contribuables situés dans les départements de la dernière zone géographique. Ce calendrier progressif, étalé sur trois phases régionales, vise à fluidifier les dépôts en ligne sur le portail officiel impots.gouv.fr. À la clôture de cette phase, l’ensemble des contribuables français auront été appelés à satisfaire à cette obligation annuelle, que leur situation fiscale soit active ou non imposable.
Clôture de la déclaration d’impôts en ligne : la zone 3 arrive à échéance
Le jeudi 5 juin à 23h59 marque l’échéance applicable à la zone 3, qui regroupe les départements numérotés de 55 (Meuse) à 976 (Mayotte), incluant notamment la totalité de l’Île-de-France. Il s’agit de la dernière phase du calendrier établi par la Direction générale des finances publiques (DGFiP), après la clôture intervenue le 22 mai pour les départements 1 à 19, puis le 28 mai pour les départements 20 à 54.
L’objectif de ce découpage par zones est de mieux répartir la charge sur les serveurs du site impots.gouv.fr, et d’optimiser le traitement des déclarations. Il concerne à la fois les contribuables imposables et non imposables, qui sont tous tenus de déclarer leurs revenus, ne serait-ce que pour permettre le calcul de droits sociaux ou valider la non-imposition.
Modalités de déclaration et accès en ligne : ce qu’il faut savoir
Depuis plusieurs années, la déclaration en ligne est devenue la norme. Elle est obligatoire sauf pour les contribuables n’ayant pas accès à Internet ou ne sachant pas l’utiliser. Pour ces derniers, le format papier restait possible jusqu’au 20 mai 2025.
Le service en ligne, accessible via impots.gouv.fr, permet aux usagers de consulter leur situation, de corriger des données préremplies, et de valider leur déclaration. Les contribuables bénéficiant de la déclaration automatique n’ont pas à intervenir si aucune modification n’est nécessaire : leur déclaration est considérée comme effectuée si aucun changement n’est signalé.
Il est important de noter que même une absence de revenus ou une exonération d’impôt ne dispense pas de cette formalité.
Dépassement de délai : quels risques et quelles solutions ?
En cas de non-respect de la date limite, des pénalités sont automatiquement appliquées. Elles s’élèvent à 10 % du montant dû sans mise en demeure préalable, 20 % si la déclaration est déposée dans les 30 jours suivant une mise en demeure, et jusqu’à 40 % au-delà. En cas de dissimulation volontaire d’activité, le taux peut grimper à 80 %, indépendamment de toute mise en demeure.
Cependant, l’administration fiscale prévoit une phase de correction ouverte après la période de déclaration. Les contribuables ayant validé leur déclaration dans les temps pourront la modifier du 31 juillet à fin novembre 2025. Ce service permet de corriger des erreurs matérielles ou des omissions (adresse, montants, charge, etc.) sans engager de procédure formelle.
Au-delà de ce délai, seule une réclamation pourra être adressée au fisc, dans un délai de trois ans suivant l’année d’imposition (jusqu’à fin 2027 pour les revenus 2024).
Un barème ajusté à l’inflation pour l’année 2025
Le barème de l’impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2024 a été revalorisé de 1,8 % afin de tenir compte de l’évolution des prix à la consommation. Cette revalorisation vise à éviter une hausse mécanique de l’imposition liée aux revalorisations salariales.
Les seuils d’entrée dans les différentes tranches ont ainsi été ajustés. Le seuil de non-imposition est fixé à 11 497 euros de revenu net imposable, tandis que les tranches supérieures sont alignées sur ce nouvel étalonnage. Ce mécanisme a pour but de préserver le pouvoir d’achat des ménages, en neutralisant l’effet fiscal de l’inflation sur les revenus modestes et intermédiaires.
Un enjeu de pilotage fiscal et budgétaire
La déclaration des revenus demeure un outil fondamental pour le pilotage de la politique budgétaire et sociale de l’État. Elle permet non seulement de déterminer l’impôt dû, mais sert également de base pour l’attribution de nombreuses aides et prestations (bourses, APL, prime d’activité, etc.).
En 2024, plus de 40 millions de foyers fiscaux étaient appelés à effectuer cette démarche. La dématérialisation du processus, amorcée il y a près d’une décennie, poursuit son ancrage dans les pratiques. Elle permet un traitement plus rapide, une meilleure traçabilité des données, mais exige également un accompagnement renforcé des publics éloignés du numérique.

