SFR et Bouygues cèdent Infracos à un Américain

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SFR et Bouygues cèdent Infracos à un Américain © journaldeleconomie.fr

Infracos, c’est 3 700 sites télécoms, dix ans d’exploitation, et un rôle clé dans les campagnes françaises. Avec cette vente, Bouygues et SFR renflouent les caisses et allègent leurs bilans. Mais pourquoi maintenant ? Et surtout, pourquoi à Phoenix Tower ?

INFRACOS : UNE DÉCENNIE DE RÉSEAU PARTAGÉ

Infracos, ça ne parle pas à tout le monde. Et pourtant, sans elle, pas de 4G, ni de 5G demain, dans des milliers de villages français. Créée en 2014 à 50/50 entre Bouygues Telecom et SFR, cette coentreprise gère environ 3 700 tours télécoms, essentiellement en zone rurale. Le but à l’époque : mutualiser les coûts dans des zones peu rentables, tout en boostant la couverture mobile. Depuis, le modèle a tourné sans bruit. Mais aujourd’hui, les deux opérateurs ont décidé de s’en séparer.

Le 30 juillet 2025, Bouygues et SFR ont annoncé entrer en négociations exclusives avec Phoenix Tower International, un opérateur d’infrastructures télécoms basé aux États-Unis. Objectif : vendre 100 % du capital et des droits de vote d’Infracos. La vente pourrait être conclue d’ici à la fin de l’année 2025, sous réserve de feu vert des autorités : Autorité de la concurrence, ARCEP, ministère de l’Économie, et consultation des représentants du personnel.
Pour Phoenix, le deal est stratégique. Déjà partenaire de Bouygues depuis 2020, l’entreprise américaine connaît bien le terrain français. Et elle récupère ici un portefeuille solide de sites, prêts à l’emploi. Une aubaine dans un secteur où les infrastructures rapportent gros, même sans être sous les projecteurs.

POUR LES OPÉRATEURS, UN BOL D’AIR FINANCIER

Cette vente, ce n’est pas qu’une ligne dans un communiqué. Elle vient soulager deux opérateurs, pour des raisons très différentes.
Bouygues Telecom y voit un levier de gestion d’actifs : la vente va réduire son endettement net de 300 à 350 millions d’euros. Et avec un marché télécoms tendu, ça compte. D’autant que Bouygues continue d’investir lourdement dans la fibre et la 5G.
Chez SFR, la logique est plus urgente. Altice France, sa maison-mère, cherche à alléger la barque. Résultat : SFR annonce un produit brut attendu de 480 millions d’euros.

Pas d’inquiétude à court terme pour les clients. Les sites restent en place, les antennes continueront d’émettre. Le contrat d’hébergement reste en vigueur entre Infracos et ses anciens propriétaires. La vente ne signe pas une rupture, mais plutôt une transition vers un modèle plus externalisé. Phoenix devient le nouveau gestionnaire, mais ne touche pas aux usages.
En revanche, cette opération confirme une tendance de fond dans les télécoms : les opérateurs historiques vendent leurs infrastructures passives pour se concentrer sur les services, les clients et les technologies. Et la France ne fait pas exception. Après les tours, demain la fibre ?

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