Tesla traverse une zone de turbulences. En trois mois, la capitalisation boursière du constructeur automobile a fondu de plus de 500 milliards de dollars. Un effondrement spectaculaire qui trouve ses racines dans la baisse des ventes en Europe et en Chine, mais aussi dans l’image controversée de son patron, Elon Musk.
Un plongeon spectaculaire en Bourse
Ce 25 février, l’action Tesla a perdu plus de 8 % sur le Nasdaq, effaçant une partie des gains enregistrés après l’élection de Donald Trump. Depuis fin décembre, le titre a chuté de près de 25 %, révélant les inquiétudes des investisseurs face aux difficultés du constructeur.
Malgré la progression du marché européen des véhicules électriques (+37 % en janvier), Tesla accuse une baisse de 45 % de ses ventes sur un an. Selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), le constructeur n’a immatriculé que 9.945 véhicules en janvier sur le continent, contre plus de 18.000 l’année précédente. Cette contre-performance est d’autant plus marquante que la part de marché de Tesla en Europe s’effondre à 1 %, contre 1,8 % un an plus tôt.
Cette chute est mise en perspective avec la capitalisation de ses concurrents. Toyota, leader mondial du secteur, ne vaut aujourd’hui que 288 milliards de dollars en Bourse, bien loin des 500 milliards perdus par Tesla en trois mois. Volkswagen et General Motors, quant à eux, affichent respectivement des capitalisations de 56 et 49 milliards de dollars.
L’effet Musk en question
Au-delà des difficultés conjoncturelles, l’image d’Elon Musk semble peser sur Tesla. Depuis sa nomination à la tête du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) par Donald Trump, l’entrepreneur multiplie les prises de position politiques controversées. Son soutien affiché à des partis d’extrême droite en Europe, notamment en Allemagne, ainsi que ses propos polémiques sur la « culpabilité allemande » ou encore ses attaques contre le Premier ministre britannique Keir Starmer, lui valent une image dégradée sur le Vieux Continent.
Des sondages réalisés en Allemagne et au Royaume-Uni en janvier dernier montrent que la perception du milliardaire est largement défavorable. Cette mauvaise image semble se répercuter sur les ventes. Thomas Rodier, directeur marketing du constructeur chinois XPeng, souligne ainsi que « un client Tesla sur deux envisagerait de ne pas renouveler son achat ».
D’autres facteurs aggravent cette situation. En Allemagne, les immatriculations de Tesla ont chuté à 1.277 véhicules en janvier, leur plus bas niveau depuis juillet 2021. En France, la baisse atteint 64 %, tandis qu’au Royaume-Uni, Tesla s’est fait dépasser pour la première fois par BYD, son rival chinois.
Malgré cette dynamique négative, la valorisation de Tesla reste plus élevée que celle de tous ses concurrents réunis. Mais le constructeur doit désormais faire face à une concurrence accrue, notamment des représentants asiatiques qui lancent de nouveaux modèles et profitent d’une meilleure perception du public. Pour Tesla, la question est désormais de savoir s’il est encore possible de dissocier l’image du constructeur de celle de son fondateur.

