La croissance dans le rouge fin 2024

Publié le
Lecture : 2 min
Blur 1853262 1280
La croissance dans le rouge fin 2024 | journaldeleconomie.fr

Après une année 2024 marquée par une croissance de 1,1 %, l’économie française a reculé de 0,1 % au quatrième trimestre, affectée par la fin de l’impact positif des Jeux olympiques et l’instabilité politique. L’absence d’un budget pour 2025 pèse sur la confiance des ménages et des investisseurs, tandis que les perspectives pour 2025 restent incertaines.

Une fin d’année difficile pour la croissance

L’économie française a enregistré une contraction de 0,1 % au quatrième trimestre 2024, en deçà des prévisions de l’Insee qui anticipait une stagnation. La fin des Jeux olympiques de Paris, qui avaient stimulé l’activité, combinée à l’instabilité politique causée par la chute du gouvernement Barnier, a pesé sur la dynamique économique. Cette absence de gouvernement a privé le pays d’un budget pour 2025, accentuant l’incertitude.

« Le ralentissement en fin d’année souligne la nécessité d’adopter un budget pour restaurer la confiance des ménages et des entreprises », a déclaré le ministre de l’Économie, Éric Lombard. Pendant ce temps, députés et sénateurs tentent de s’accorder sur une version commune du budget, dont l’examen à l’Assemblée nationale pourrait aboutir à un recours au 49.3 par François Bayrou, avec le risque d’une motion de censure.

Les marchés financiers n’ont pas tardé à réagir : l’écart entre les taux d’emprunt français et allemands à dix ans s’est creusé, tandis que la France voit désormais son taux d’intérêt dépasser ceux de l’Espagne et du Portugal, autrefois considérés comme les mauvais élèves de la zone euro.

Malgré ce repli en fin d’année, l’économie française a affiché une croissance de 1,1 % sur l’ensemble de 2024, un rythme comparable à celui de 2023. La France a ainsi fait mieux que l’Italie (+0,5 %) et que l’Allemagne, en récession pour la deuxième année consécutive (-0,2 %), mais bien moins bien que l’Espagne (+3,2 %).

Un équilibre fragile pour 2025

Le ralentissement de la consommation des ménages en fin d’année (+0,4 % après +0,6 %) illustre cette fragilité. Si l’inflation en repli a permis un regain de pouvoir d’achat, celui-ci s’est davantage traduit par une hausse de l’épargne que par une augmentation des dépenses. L’investissement des entreprises est resté atone, tandis que celui des ménages a reculé (-0,3 %).

Les perspectives pour 2025 sont prudentes. Le gouvernement anticipe une croissance de 0,9 %, mais cette prévision est jugée « un peu optimiste » par le Haut conseil des finances publiques. L’Insee, de son côté, ne prévoit qu’une hausse de 0,2 % du PIB aux premier et deuxième trimestres.

Dans un contexte où le gouvernement Bayrou prévoit plus de 50 milliards d’euros d’effort budgétaire pour ramener le déficit public à 5,4 % du PIB, les coupes dans les dépenses publiques pourraient freiner la dynamique économique. « C’est de mauvais augure pour 2025 », prévient Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, rappelant que la croissance récente a été portée par la consommation et l’investissement public, deux moteurs qui risquent de s’essouffler.

Laisser un commentaire

Share to...