La Suisse recrute 85 000 travailleurs sans diplôme à 6 500€ par mois : beaucoup de Français ne réalisent pas qu’ils sont éligibles

85 000 postes à pourvoir, des salaires jusqu’à 6 500 euros, et pas toujours besoin de diplôme. La Suisse recrute massivement, même sans quitter la France. Le détail des métiers et des grilles de salaires vaut le coup d’œil.

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La Suisse recrute 85 000 travailleurs sans diplôme à 6 500€ par mois : beaucoup de Français ne réalisent pas qu'ils sont éligibles
La Suisse recrute 85 000 travailleurs sans diplôme à 6 500€ par mois : beaucoup de Français ne réalisent pas qu’ils sont éligibles © journaldeleconomie.fr

La Suisse manque de bras. Le pays cherche à recruter 85 000 travailleurs étrangers pour combler une pénurie de main-d’œuvre qualifiée qui dure depuis 2020, annonce le magazine Marie France. Si les recrutements ne suivent pas, ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 365 000 postes non pourvus d’ici la fin de l’année 2026.

Onze secteurs entiers sont concernés. En première ligne : la santé, le tourisme et l’hôtellerie-restauration. Les métiers techniques et numériques, eux aussi, tirent la demande : techniciens, informaticiens, ingénieurs. La liste des profils recherchés est longue et couvre des réalités très différentes, des médecins aux employés domestiques, en passant par les chauffeurs, les enseignants ou les professionnels du commerce spécialisé.

Dans le secteur de la santé, un médecin sur quatre a plus de 60 ans en Suisse, ce qui alimente la demande sur tout l’écosystème soignant, des services hospitaliers aux cliniques privées. Côté numérique, l’essor des technologies pousse les entreprises à chercher des profils opérationnels, capables de rejoindre rapidement les équipes. Dans l’hôtellerie et la cuisine, la reprise du tourisme soutient les embauches.

Des salaires qui font la différence

Les rémunérations démarrent entre 3 500 et 6 500 euros par mois selon le métier et le niveau d’expérience. Pour un métier très recherché, la fiche de paie peut atteindre 6 000 euros en Suisse quand elle plafonne autour de 2 500 euros en France, pour la même fonction.

Le détail des grilles donne une idée de l’écart. Un nettoyeur ou agent de propreté touche environ 4 290 euros par mois. Une aide à domicile peut espérer entre 3 780 et environ 5 400 euros. Un manœuvre en bâtiment se situe entre 5 080 et environ 6 050 euros.

Un chauffeur de camion ou de bus gagne entre environ 4 950 et 6 750 euros par mois. Un électricien formé par apprentissage, sans diplôme universitaire, peut atteindre entre environ 5 850 et 8 100 euros. Un assistant sanitaire non qualifié se situe, lui, entre environ 4 500 et 5 850 euros.

Ce qui distingue surtout la Suisse de la France, c’est l’accès à de nombreux métiers sans diplôme, selon le site d’offres d’emploi Indeed. Dans l’artisanat (menuiserie, plomberie, électricité, peinture), l’apprentissage se fait directement sur le terrain. Dans la restauration, la motivation compte davantage que les qualifications, avec des perspectives d’évolution pour les serveurs, cuisiniers ou plongeurs.

Le bâtiment (maçons, charpentiers, couvreurs), l’automobile (mécaniciens, carrossiers, vendeurs) et l’aide à la personne, avec des postes d’auxiliaires de vie ou d’aide-soignants sans diplôme, complètent ces portes d’entrée sans parchemin.

Travailler en Suisse sans quitter la France

Il n’est pas obligatoire de déménager pour toucher un salaire suisse. Le statut de travailleur frontalier, couplé à l’obtention d’un permis G, permet de vivre côté français tout en travaillant côté suisse. Ce montage, qui séduit de plus en plus de candidats, permet de cumuler salaire suisse et coût de la vie français.

La voie la plus rapide pour décrocher un poste passe par des agences de recrutement implantées en Suisse, à l’image d’Adecco. Ces agences orientent les candidats vers les postes adaptés à leur profil, un peu comme le font leurs équivalentes françaises.

Les recruteurs suisses valorisent un socle de qualités bien identifié : ponctualité, sens du détail, autonomie. Ces qualités peuvent suffire à décrocher un emploi même sans diplôme. Selon la région visée, maîtriser l’allemand, l’italien ou le suisse allemand peut aussi faire la différence à l’embauche. La reconnaissance des diplômes français, quant à elle, demande parfois des démarches administratives dont la durée varie selon les cas.

Le statut de frontalier s’accompagne de règles spécifiques concernant l’assurance maladie, les allocations familiales, la retraite et l’assurance chômage. Ces règles varient selon le canton et le temps passé de chaque côté de la frontière. Globalement, les impôts suisses restent plus bas que les impôts français, ce qui renforce l’intérêt du package salarial une fois converti et pèse dans la comparaison entre offres d’emploi.

Reste, pour chaque candidat, à choisir le bon canton, apprendre quelques mots d’allemand et soigner sa candidature.

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