Salaire des enseignants : +4,3% en 2024 grâce au point d’indice et au pacte

Les enseignants français ont perçu en moyenne 3.090 euros nets mensuels en 2024, soit une progression de 4,3% par rapport à l’année précédente, inflation comprise.

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Salaire des enseignants : +4,3% en 2024 grâce au point d’indice et au pacte © journaldeleconomie.fr

Les enseignants français ont perçu en moyenne 3.090 euros nets mensuels en 2024, enregistrant une hausse de 4,3% par rapport à 2023.  Ce bond, révélé par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) le 20 août 2026, s’explique par le dégel du point d’indice de la fonction publique et le lancement du pacte enseignant, qui ont dopé les rémunérations via primes et heures supplémentaires.

Une augmentation de 4,3% en 2024

Le rapport de la DEPP détaille une rémunération moyenne de 3.180 euros nets pour les enseignants fonctionnaires titulaires à temps complet, tous secteurs confondus (public et privé sous contrat). Cette moyenne dépasse de plus de 13% le salaire médian français, mais masque des écarts considérables entre catégories. Les professeurs agrégés et de chaire supérieure culminent à 4.190 euros nets mensuels, tandis que les professeurs des écoles plafonnent à 2.950 euros, soit un différentiel de 1.240 euros. L’augmentation annoncée de 4,3% intègre l’inflation, précise la DEPP qui explique que pour un enseignant sans avancement ni modification de son rythme de travail, la progression salariale réelle s’établit à 3,1%. L’étude exclut les contractuels, qui représentent 8% des effectifs en 2024, ainsi que Mayotte.

Le gouvernement a mobilisé deux outils principaux pour revaloriser les rémunérations du corps enseignant : une intervention sur la grille indiciaire de la fonction publique et la création d’un dispositif de rémunération complémentaire.

Le dégel du point d’indice et le pacte enseignant

Gelé depuis 2017, le point d’indice de la fonction publique a connu deux revalorisations successives. En juillet 2023, une première hausse de 1,5% a été appliquée. Le 1er janvier 2024, l’ensemble des agents de la fonction publique, enseignants inclus, ont bénéficié de 5 points d’indice supplémentaires.

Lancé à la rentrée 2024, le pacte enseignant propose aux volontaires d’assumer des missions complémentaires (soutien scolaire, coordination pédagogique, tutorat) contre une rémunération additionnelle. Près d’un enseignant sur quatre cumulait à la rentrée 2024 le pacte enseignant et des heures supplémentaires à l’année, ce qui a considérablement boosté les revenus moyens du secteur.

Qui a bénéficié le plus de ces mesures ?

L’analyse des données révèle que l’augmentation moyenne de 4,3% n’a pas profité uniformément à tous les profils enseignants. Les disparités entre catégories et les effets du recours accru aux heures supplémentaires dessinent un paysage salarial contrasté.

La progression salariale de 2024 repose largement sur les primes et les heures supplémentaires, davantage que sur une revalorisation structurelle du traitement indiciaire. Le pacte enseignant, en permettant aux volontaires de multiplier les missions rémunérées, a créé une différenciation inédite entre ceux qui peuvent ou acceptent d’augmenter leur charge de travail et les autres. Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa, dénonce « une augmentation de moyenne éphémère et boostée par des mesures qui consistent à s’épuiser plus pour gagner plus ».

Les professeurs des écoles restent les moins bien rémunérés de la profession, avec 2.950 euros nets mensuels en moyenne. Aurélie Gagnier, cosecrétaire générale du SNUipp-FSU, souligne que « le premier degré est toujours en dernière position par rapport aux autres métiers de l’enseignement. Cela ne participe pas à rendre notre métier attractif ». À l’opposé, les agrégés bénéficient d’un salaire moyen supérieur de 42% à celui de leurs collègues du primaire.

Si l’augmentation de 4,3% marque un tournant après des années de stagnation, les syndicats rappellent la réalité d’une perte de pouvoir d’achat structurelle. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, insiste : « Sur le moyen terme, on reste sur une perte de pouvoir d’achat, puisque depuis 2010, les prix ont augmenté presque deux fois plus vite que les salaires des agents ». Les chiffres confirment : le traitement indiciaire a progressé de 14,6% entre 2010 et 2024, tandis que l’inflation cumulée atteignait 27,8%.

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