Le FMI écarte la récession mais alerte sur la croissance mondiale

Les nouvelles Perspectives de l’économie mondiale, attendues sous peu, devraient refléter une baisse généralisée des taux de croissance dans la majorité des régions.

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FMI : l'année 2023 suscite des inquiétudes pour la croissance mondiale
Le FMI écarte la récession mais alerte sur la croissance mondiale © journaldeleconomie.fr

Le 17 avril 2025, lors des Réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) à Washington, la directrice générale Kristalina Georgieva a exposé les nouvelles orientations économiques mondiales. Alors que les tensions douanières s’intensifient, en particulier entre les États-Unis et la Chine, le FMI maintient une ligne prudente : si les perspectives de croissance sont revues à la baisse, l’institution n’anticipe pas de récession mondiale à ce stade.

Un contexte économique mondial sous tension mais sans récession

Dans un environnement marqué par une volatilité accrue des marchés financiers et une montée des incertitudes géopolitiques, le FMI estime que la croissance mondiale ralentit, mais ne s’effondre pas. Kristalina Georgieva a déclaré : « Nos nouvelles projections de croissance seront nettement révisées à la baisse, mais nous n’y parlerons pas de récession ».

L’accumulation des droits de douane, notamment aux États-Unis, atteint des niveaux inédits depuis plusieurs décennies. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine, les tarifs imposés sur certains produits chinois culminent à 145 %, avec des effets directs sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et sur la structure des échanges commerciaux.

Croissance en recul, inflation en hausse : des ajustements attendus dans les prévisions mondiales

Le FMI prévoit une révision globale des indicateurs macroéconomiques. Les nouvelles Perspectives de l’économie mondiale, attendues sous peu, devraient refléter une baisse généralisée des taux de croissance dans la majorité des régions, notamment dans les économies avancées et plusieurs marchés émergents.

L’inflation, quant à elle, devrait connaître une légère hausse dans plusieurs pays, sous l’effet combiné de l’augmentation des coûts d’importation et des perturbations logistiques. Le FMI met en garde contre une incertitude persistante, susceptible d’accentuer les pressions sur les marchés obligataires et de restreindre la capacité d’investissement des entreprises.

Le commerce mondial impacté par les politiques protectionnistes

La multiplication des barrières commerciales, qu’il s’agisse de droits de douane ou de restrictions non tarifaires, représente un facteur majeur de ralentissement. Le FMI compare la situation actuelle à « une casserole qui bouillonnait depuis longtemps et a fini par déborder ».

Les effets sont particulièrement sensibles dans les économies à forte dépendance commerciale. Les pays émergents et en développement, dont la croissance repose souvent sur les exportations, sont plus vulnérables aux fluctuations des conditions d’échange. De même, les pays à faible revenu font face à une réduction des aides extérieures, les États donateurs recentrant leurs priorités sur des enjeux nationaux.

Des recommandations axées sur la stabilité budgétaire et la réforme structurelle

Dans son discours, Kristalina Georgieva a également mis en avant un ensemble de recommandations destinées à renforcer la résilience économique. Le FMI préconise :

  • des politiques budgétaires équilibrées visant à réduire la dette publique,
  • le maintien d’une politique monétaire crédible et indépendante,
  • une vigilance accrue sur les risques financiers, notamment dans le secteur non bancaire.

L’institution appelle également à des réformes structurelles, notamment dans les domaines de la fiscalité, de la concurrence et des droits de propriété intellectuelle. Ces réformes sont jugées nécessaires pour améliorer la productivité et soutenir une croissance durable à moyen terme.

Fragmentation économique : un changement structurel du commerce mondial

Le FMI souligne en outre que la fragmentation actuelle du commerce international reflète une tendance de fond. Dans son intervention, Kristalina Georgieva a indiqué que « nous ne sommes plus dans un monde où les règles peuvent être tranchées collectivement aussi facilement qu’avant », relaye Le Figaro.

Ce glissement vers un modèle multipolaire, marqué par la régionalisation des échanges et la relocalisation de certaines activités industrielles, pourrait modifier durablement les équilibres économiques. Si certains pays peuvent y trouver des opportunités, d’autres risquent de subir une baisse de compétitivité.

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