Origine France Garantie fête ses 15 ans. Loin du logo décoratif, ses adhérents en font un levier stratégique. Derrière l’étiquette « Made in France », il y a des entreprises qui recrutent, relocalisent et demandent plus d’outils concrets. Ce que dit leur grande consultation, chiffres à l’appui.
Valoriser le Made in France ? Oui. Mais surtout s’en servir
Pourquoi adhérer à Origine France Garantie en 2025 ? Pour 51 % des répondants, c’est clair : pour valoriser le « Made in France ». Pour 32 %, c’est la différenciation sur le marché. 13 % citent la reconnaissance de qualité. Et seulement 5 % disent le faire par patriotisme économique ou soutien au savoir-faire local.
Le label est donc un outil de marché. Pas un totem. Un moyen de répondre à une demande bien réelle : 89 % des Français disent préférer acheter un produit fabriqué en France.
Les chiffres sont sans ambiguïté. 44 % des entreprises certifiées OFG affirment recruter actuellement. C’est 15 points de plus que la moyenne nationale du secteur industriel, qui stagne à 29 % selon l’INSEE. Côté relocalisation, même tendance : 25 % des répondants disent avoir rapatrié un savoir-faire ou être en cours de le faire. Une performance cinq fois supérieure à la moyenne nationale (moins de 4 % entre 2019 et 2024, selon la DGE).
Ce n’est pas tout. L’innovation arrive en tête des attentes. Mais selon la Banque de France, moins d’un tiers des PME françaises investissent régulièrement en R&D. Ce décalage est perçu comme un frein stratégique. Les certifiés demandent plus de moyens pour éco-concevoir, monter en gamme, se projeter à l’international.
À l’export, des ambitions malgré les surtaxes
La mondialisation ? Ni fantasme, ni repli. Les entreprises OFG voient l’international comme un levier de croissance, mais restent prudentes. À la question de l’impact des récentes surtaxes américaines ou barrières douanières, 44 % évoquent un impact modéré, 26 % aucun effet, mais 19 % parlent d’un impact négatif marqué. Un petit 5 % disent même avoir vu des effets positifs inattendus.
Dans un contexte de déficit commercial chronique (−99 milliards d’euros en 2023), le message est clair : il faut accompagner ces entreprises à l’export. Mieux les armer face aux distorsions.
Ce chiffre dit beaucoup : 90 % des répondants veulent que l’association renforce son action politique. Pas pour faire joli. Pour peser dans les débats sur la fiscalité, les aides à la production, la commande publique.
Le rapport évoque la nécessité de structurer un observatoire économique du Made in France, avec des données d’impact sur l’emploi, les relocalisations, la valeur ajoutée locale. L’idée ? Rendre les efforts mesurables. Et donc défendables.

