Le pouvoir d’achat continue de structurer la vie économique et sociale en France, même si son poids dans les préoccupations quotidiennes recule. Selon le dernier baromètre Cofidis, rendu public le 3 septembre 2025, les ménages ajustent leurs priorités, réduisent leurs dépenses non essentielles et se tournent davantage vers l’épargne ou des solutions de paiement adaptées.
Pouvoir d’achat : arbitrer entre l’essentiel et le secondaire
La première ligne de défense des ménages reste la réduction des dépenses jugées non indispensables. Six Français sur dix déclarent avoir diminué leurs achats de loisirs, d’habillement ou d’équipements pour la maison. Cette logique de restriction touche toutes les catégories sociales mais frappe particulièrement les jeunes, les familles avec enfants et les foyers aux revenus modestes.
Les chiffres du baromètre dévoilent que 39 % des Français rognent d’abord sur l’habillement et 38 % sur les loisirs. Le superflu, l’achat plaisir, est sacrifié pour préserver l’essentiel. Dans un contexte où l’alimentation reste le premier poste de dépenses contraintes, 40 % des ménages affirment qu’une somme supplémentaire servirait d’abord à mieux se nourrir, même si ce chiffre recule fortement par rapport à 2024. Et cette somme ce ne sont pas moins de 507 euros de plus par mois, le minimum que les Français estiment leur être nécessaire pour bien vivre.
La rentrée scolaire, un révélateur des arbitrages
En 2025, le budget moyen consacré à la rentrée scolaire s’élève à 409 euros, en baisse de 43 euros sur un an selon Cofidis. Pourtant, 83 % des parents estiment que les prix continuent d’augmenter pour les fournitures, l’habillement ou la cantine scolaire. Conséquence directe : deux tiers des parents affirment devoir « se serrer la ceinture » pour faire face aux dépenses de septembre.
L’habillement reste le premier poste sacrifié (49 %), devant les activités extra-scolaires (27 %) et les fournitures scolaires elles-mêmes (27 %). Les arbitrages budgétaires touchent directement le quotidien des enfants, contraignant les foyers à hiérarchiser des besoins pourtant essentiels.
Entre prudence et recours au crédit : des stratégies multiples
Si les ménages serrent leurs dépenses, beaucoup cherchent aussi à sécuriser leur avenir financier. Près de la moitié des Français mettent désormais de l’argent de côté, un réflexe en hausse de cinq points sur un an.
Pour financer les projets plus importants, l’épargne reste la solution privilégiée (63 %), loin devant le paiement en plusieurs fois (23 %) ou le crédit à la consommation (17 %). Pourtant, 31 % des Français déclarent avoir un crédit en cours, et 83 % assurent ne pas rencontrer de difficultés pour rembourser.

