Prévue initialement pour entrer en vigueur en 2027, l’obligation d’équiper les logements d’un système de régulation automatique de la température a été repoussée à janvier 2030 par décret gouvernemental publié fin 2025. Cette décision concerne des millions de foyers et s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des consommations d’énergie liées au chauffage, premier poste énergétique du logement en France.
L’obligation des thermostats programmables : ce qui change avec le report
Le report de l’obligation ne supprime pas la mesure. Il en modifie simplement le calendrier. Initialement, tous les logements devaient être équipés d’un système de régulation programmable dès 2027. Désormais, les consommateurs disposent de trois années supplémentaires. Cette décision a été prise, car une part importante du parc immobilier français n’est pas encore équipée et parce que les professionnels du secteur ne sont pas en capacité d’absorber une demande massive immédiate. Toutefois, même avec ce délai, l’objectif reste identique : généraliser une régulation plus fine du chauffage pour réduire les gaspillages énergétiques.
Pour les ménages, ce report signifie une chose essentielle. Il n’y a aucune obligation immédiate, ni sanction prévue avant 2030. Cependant, cela ne doit pas être interprété comme une annulation. À partir de cette date, tous les logements concernés devront être conformes. Le gouvernement a clairement indiqué que ce temps supplémentaire devait permettre aux consommateurs de s’informer, de comparer les solutions et de s’équiper progressivement, sans précipitation ni surcoût lié à une pénurie d’installateurs.
Qu’est-ce qui est réellement obligatoire selon la loi ?
La réglementation ne parle pas de gadget connecté ni d’application mobile. Elle impose un système de régulation automatique de la température, capable d’adapter le chauffage en fonction du temps ou de l’occupation. Concrètement, cela signifie que le chauffage ne doit plus fonctionner de manière constante, mais selon des plages définies, par exemple jour et nuit. Le terme “thermostat programmable” est souvent utilisé, car il correspond à la solution la plus courante, mais ce n’est pas la seule possible.
Il est important de comprendre ce qui n’est pas exigé. Un thermostat connecté pilotable depuis un smartphone n’est pas obligatoire. De la même manière, un équipement sophistiqué avec intelligence artificielle ou apprentissage automatique reste optionnel. À l’inverse, un simple bouton manuel sans programmation ne répond pas aux exigences. Les robinets thermostatiques classiques, installés sur les radiateurs, sont autorisés mais ne suffisent pas à eux seuls, car ils nécessitent une action manuelle et ne permettent pas de programmation horaire automatique. Pour être conforme, le logement doit disposer d’un système capable de réguler la température sans intervention constante de l’occupant. Ce qui doit pouvoir se faire soit directement sur les radiateurs, soit directement sur le chauffage central : une chaudière récente qui dispose de plages programmables en termes d’heure et de température est donc normalement conforme.
Qui est concerné et quelles sont les exceptions prévues
L’obligation concerne tous les logements, qu’il s’agisse d’une maison individuelle ou d’un appartement, ancien ou récent. Elle s’applique aussi bien aux propriétaires occupants qu’aux bailleurs. Dans le cas d’une location, la responsabilité de l’installation incombe en principe au propriétaire. Les bâtiments tertiaires, comme les bureaux ou les commerces, sont également inclus dans le périmètre réglementaire. L’objectif est d’unifier les pratiques de chauffage sur l’ensemble du parc immobilier.
Toutefois, la loi prévoit des exceptions clairement encadrées. Si l’installation d’un système programmable est techniquement impossible, par exemple avec certains systèmes de chauffage très anciens ou indépendants, l’obligation peut ne pas s’appliquer. De même, si le coût de l’installation est jugé disproportionné par rapport aux économies attendues, une exemption est envisageable. Ces situations restent minoritaires et doivent être justifiées. Le principe général demeure que la majorité des logements devront s’équiper d’ici 2030.
Combien ça coûte et faut-il s’équiper dès maintenant
Le coût d’un thermostat programmable dépend fortement du modèle et de l’installation. Les modèles simples, non connectés, sont aujourd’hui accessibles à partir de quelques dizaines d’euros. Les systèmes plus complets, incluant une programmation par pièce ou par zone, peuvent représenter un investissement plus élevé, surtout si une intervention professionnelle est nécessaire. À cela peut s’ajouter la main-d’œuvre, variable selon la complexité du chauffage existant. Malgré cela, les autorités rappellent que les économies d’énergie générées peuvent compenser progressivement cet investissement.
Faut-il pour autant attendre 2030 ? La réponse dépend de votre situation. Si votre logement est mal régulé et que vous chauffez inutilement certaines pièces, installer un thermostat programmable dès maintenant peut réduire votre facture annuelle de chauffage de manière significative. Selon les estimations régulièrement reprises par les pouvoirs publics, une bonne régulation permet de diminuer la consommation de chauffage d’environ quinze pour cent. Au-delà de l’aspect financier, le confort thermique s’en trouve également amélioré. Le report donne du temps, mais il n’empêche pas d’agir dès aujourd’hui de manière volontaire et informée.

