Si vous avez reçu un mail de Bercy cette semaine, ce n’est pas une arnaque : votre compte bancaire est peut-être déjà compromis

678 000 contribuables piratés, des données vendues sur le dark web, et vous, avez-vous reçu le mail de la DGFiP ? Entre faux appels de Bercy et hameçonnage, voici ce qui vous attend vraiment.

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Si vous avez reçu un mail de Bercy cette semaine, ce n'est pas une arnaque : votre compte bancaire est peut-être déjà compromis
Si vous avez reçu un mail de Bercy cette semaine, ce n’est pas une arnaque : votre compte bancaire est peut-être déjà compromis © journaldeleconomie.fr

La Direction générale des finances publiques a commencé, dans la soirée du lundi 17 août 2026, à contacter par e-mail les premiers usagers concernés par une fuite massive de données. Un peu plus de 350 000 particuliers reçoivent cette notification, censée les informer qu’ils figurent parmi les victimes du piratage.

Au total, 678 000 usagers, particuliers et entreprises confondus, sont touchés par cette fuite. L’affaire avait été révélée quatre jours avant cette annonce, autour du 13 août.

Le piratage résulte de deux intrusions informatiques séparées, l’une fin juin 2026, l’autre fin juillet. Un groupe de pirates baptisé ZeroBytes revendique l’attaque et affirme avoir déjà vendu les données dérobées sur le dark web.

Parmi les informations subtilisées aux particuliers figurent :

  1. les noms et prénoms,
  2. le revenu fiscal de référence,
  3. le quotient familial
  4. et le taux de prélèvement à la source.

Les numéros de téléphone et les adresses des victimes ont également été récupérés. Un échantillon de ces données a même été mis en ligne gratuitement par le pirate.

L’e-mail envoyé par la DGFiP affiche le nom de l’administration fiscale, une présentation qui pourrait dérouter certains destinataires.

Le journaliste spécialiste des nouvelles technologies Damien Bancal met en garde contre les usages possibles de ces informations sur franceinfo : « Ils vont revendre à d’autres pirates informatiques, des escrocs qui pourraient soit vous appeler, vous téléphoner au moment où il va falloir payer ses impôts et se faire passer pour Bercy. » Il évoque aussi un risque de hameçonnage, avec des courriels réclamant de fausses informations bancaires manquantes.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à sa section cyber. Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit, de son côté, présider dans l’après-midi du 17 août une cellule interministérielle de crise consacrée à la sécurisation numérique des administrations.

Une femme vivant en Allemagne, dont les données figurent dans l’échantillon diffusé gratuitement par le hacker, ignorait tout du piratage avant d’être jointe. Elle explique ne pas être au courant et que c’est en étant jointe qu’elle l’apprend, précisant que cela ne l’étonne pas vraiment puisqu’elle a reçu des amendes dont elle ne s’explique pas l’origine, ne voyant pas comment elle aurait pu en avoir puisqu’elle ne vit pas en France.

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