Le constructeur automobile Stellantis, frappé par une chute spectaculaire de ses résultats financiers en 2023, a décidé d’accorder une prime exceptionnelle à ses salariés en France. Une décision qui intervient alors que le groupe affiche un bénéfice net en recul de 70 % et une trésorerie dans le rouge.
Un net recul des finances de Stellantis
L’année 2023 a marqué un retournement brutal pour Stellantis. Son bénéfice net s’est effondré à 5,5 milliards d’euros, contre des records engrangés les années précédentes. Pire encore, la trésorerie du groupe a basculé dans le rouge, avec un déficit de 6 milliards d’euros en fin d’exercice. Une situation qui a eu des conséquences directes sur la politique de redistribution des bénéfices : les salariés ne toucheront ni participation ni intéressement cette année, alors que ces versements avaient atteint un minimum de 4.100 euros brut en 2023.
Ces mécanismes de redistribution reposent en effet sur une condition stricte : un free cash flow positif. Or, l’état financier du groupe ne permettant pas de remplir ce critère, la direction n’avait, en théorie, pas l’obligation de verser quoi que ce soit aux salariés. Face à ce constat, l’annonce d’une Prime de partage de la valeur (PPV) a donc pris les syndicats de court.
Une prime Macron pour récompenser l’implication des salariés
Malgré l’absence de redistribution classique des bénéfices, la direction a tenu à récompenser ses employés. « Stellantis reconnaît que des succès importants ont été obtenus, grâce à l’implication des salariés », a fait savoir le groupe aux élus du personnel. En conséquence, une PPV sera versée, avec des montants variant entre 900 et 1.700 euros brut selon le niveau de rémunération. La somme maximale concernera les trois quarts des salariés en France et représente environ 6,2 % du salaire de base annuel moyen d’un ouvrier.
Dans le même temps, les managers bénéficiant d’une part de rémunération variable verront leur prime calculée sans prendre en compte la trésorerie négative, alors qu’en temps normal, celle-ci aurait dû être supprimée. Une décision qui pourrait créer des tensions entre les employés et les cadres.
Pour autant, cette prime ne suffira pas à compenser la perte de pouvoir d’achat des salariés. La CFE-CGC a déploré que les employés « paient les pots cassés » des « erreurs stratégiques » de la précédente direction. Par ailleurs, lors des négociations annuelles sur les salaires, Stellantis a proposé une enveloppe de revalorisation de 2,1 % de la masse salariale, une mesure jugée insuffisante par les syndicats, qui doivent encore se prononcer sur sa signature.

