Un vrai chamboulement se prépare pour les utilisateurs de titres-restaurant en France. Après un vote d’urgence début janvier, le gouvernement a décidé de permettre l’achat d’aliments non directement consommables dans les supermarchés avec ces titres jusqu’en décembre 2026. Cette mesure concerne environ six millions de personnes et pourrait devenir permanente dès le 1er janvier 2027. L’idée est de répondre aux attentes des consommateurs tout en simplifiant la gestion pour les entreprises.
Une consultation très large
Depuis février, le gouvernement a multiplié les échanges avec divers acteurs du secteur, comme les restaurateurs, les salariés, les employeurs, les émetteurs de titres et la grande distribution. Ces discussions ont mené à deux grandes décisions : pérenniser l’usage des titres-restaurant pour des produits non directement consommables et avancer progressivement vers une dématérialisation. Véronique Louwagie, ministre chargée du Commerce, de l’Artisanat et des PME, a partagé ces choix lors d’une interview avec Ouest-France.
Les utilisateurs veulent clairement plus de flexibilité. D’après une étude de la Commission nationale du titre-restaurant, 96 % des utilisateurs souhaitent pouvoir acheter, avec leurs titres, des produits comme des pâtes, du beurre ou de l’huile dans les grandes surfaces. La Fédération du commerce et de la distribution soutient aussi cette décision, affirmant que les salariés doivent pouvoir choisir librement comment utiliser leurs titres-restaurant.
Vers une dématérialisation totale
À l’heure actuelle, 30% des titres-restaurant sont encore en format papier. Mais la tendance va vers l’usage de plateformes de dématérialisation pour faciliter les transactions. Véronique Louwagie a expliqué que « la gestion du papier est très lourde pour les restaurateurs « . Les émetteurs sont ainsi invités à éliminer leurs stocks de papier d’ici au 1er janvier 2027, conformément aux recommandations de l’Autorité de la concurrence fin 2023.
Cette évolution a pour but d’alléger les tâches administratives des restaurateurs et de moderniser un système considéré par certains comme dépassé. La dématérialisation obligatoire devrait simplifier nettement les procédures pour toutes les parties concernées.
Des discussions sur un double plafond
Le projet ne fait pas plaisir à tout le monde. Certains pros de la restauration dénoncent l’extension aux grandes surfaces, qu’ils voient comme un « détournement » du dispositif initialement mis en place pour soutenir leur secteur. L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (Umih) a même qualifié cette prolongation de « mauvais coup porté aux restaurateurs ».
Pour apaiser les tensions, on envisage maintenant une proposition de double plafond, avec des montants différents selon le lieu d’achat ou le taux de TVA applicable aux produits achetés. Deux options sont sur la table : fixer des montants distincts entre la restauration et la grande distribution ou adapter le plafond en fonction du taux de TVA. Véronique Louwagie a précisé que « le double plafond est une option prise très au sérieux » mais qu’il faut encore vérifier juridiquement avant de le mettre en place.
Un avenir qui change
L’annonce officielle de ces ajustements est prévue pour le début de l’été prochain. D’ici là, il est évident que ces mesures marquent un tournant important dans l’usage quotidien des titres-restaurant en France. Elles reflètent la volonté du gouvernement d’adapter cet outil aux besoins actuels tout en tenant compte des remarques exprimées par les différents acteurs impliqués.
Ces évolutions pourraient transformer durablement notre façon d’utiliser les titres-restaurant et influencer notre manière de consommer au quotidien. Ce sujet reste ainsi significatif non seulement pour les utilisateurs réguliers mais aussi pour tous ceux qui gèrent et émettent ces titres.



