Face à un arrêt de travail pour maladie, beaucoup de salariés redoutent une baisse de revenus. En France, les indemnités journalières (IJ, indemnités journalières de la Sécurité sociale, parfois appelées IJSS) versées par l’assurance maladie ne remplacent pas tout le salaire.
Les indemnités journalières : qui y a droit et comment ça marche
Pendant un arrêt maladie, un salarié perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale en remplacement partiel du salaire. Ces indemnités sont conditionnées par la présentation d’un certificat d’arrêt de travail établi par un médecin, qui doit être transmis à l’employeur sous 48 heures (délai légal).
Un délai de carence de trois jours est observé avant le début du versement, et les paiements sont effectués toutes les deux semaines. Les IJ couvrent seulement 50 % du salaire journalier de base, calculé à partir des trois derniers salaires bruts, avec un réduction du plafond journalier fixé à 41,95 €.
Les règles diffèrent pour les fonctionnaires et agents contractuels. Dans le secteur public, depuis mars 2025, l’indemnisation est fixée à 90 % du salaire après une journée de carence, alors qu’elle était 100 % auparavant. Cette baisse de prestation montre pourquoi certains salariés doivent regarder d’autres options pour compléter leurs revenus.
Ce que peut faire l’employeur et les compléments possibles
Selon l’Article L1226-1 du Code du travail, un employeur peut compléter les IJ en versant des indemnités complémentaires, sous condition d’avoir un an d’ancienneté, renforçant ainsi les droits des salariés. En pratique, ces indemnités représentent d’abord 90 % du salaire brut pendant une période comprise entre 30 et 90 jours (selon l’ancienneté), puis elles passent à 66,66 % pour une durée équivalente.
Un second délai de carence, souvent de sept jours, peut être appliqué par l’employeur, qui peut aussi demander des contre-visites médicales. La subrogation est un dispositif où l’employeur perçoit directement les indemnités de la Caisse primaire d’assurance maladie, ce qui permet parfois de maintenir 100 % du salaire.
Pour les travailleurs indépendants, les règles sont spécifiques : les IJ sont basées sur la moyenne des trois dernières années de chiffre d’affaires, ce qui peut sous-estimer les prestations si les revenus ont beaucoup fluctué.
La prévoyance pour atteindre 100 % du salaire
D’après Le Mag de la Conso, la souscription à une prévoyance, collective (proposée par l’employeur) ou individuelle (souscrite par le salarié), est une solution pour compenser la perte de revenus, surtout avec la réforme des congés. Une assurance prévoyance peut combler l’écart entre les IJ et le salaire intégral, permettant d’atteindre 100 % de la rémunération.
Les contrats varient selon les assureurs : ils comportent des délais de carence, des plafonds d’indemnisation et des exclusions spécifiques qu’il convient d’examiner attentivement. Il est recommandé de comparer plusieurs offres pour trouver la couverture la plus adaptée à sa situation.
Enfin, les droits des salariés en CDD, intérim et apprentissage ne sont pas identiques. Les salariés en CDD et en intérim perçoivent les mêmes IJSS que leurs homologues en CDI, tandis que les apprentis ne bénéficient pas forcément de la même garantie légale de maintien de salaire. Des situations particulières, comme les accidents du travail ou le temps partiel thérapeutique, demandent aussi une attention spécifique pour une meilleure harmonisation législative.




