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Les difficultés de financement de l’innovation





Le 28 Avril 2014, par


Journal de l'Economie : Le métier de conseil amène à être sollicité par des entreprises qui cherchent des solutions pour financer des projets innovants. La démarche s’apparente-t-elle, comme on veut bien le dire, à un parcours du combattant ?

Crédits: Fotolia
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Stéphane Sapolin : Il n’y a pas de réponse simple à cette question. Tout dépend du contexte dans lequel se déroule la recherche de financement. Les démarches sont plus ou moins complexes en fonction de la maturité de l’entreprise, du projet, des partenariats déjà en place et bien sûr du dirigeant par rapport aux financements existants.
 
Toutefois, il existe effectivement de nombreux financements liés à l’innovation, et pour une entreprise qui n’est pas familière avec les différents dispositifs, il peut être très compliqué de s’y retrouver (Subventions, Crédits d’Impôt, Avances remboursables, Prêts à taux zéro, Business Angels, Crowfunding). Chacun de ces financements intervient à un moment précis de la vie de l’entreprise ou du projet innovant.

Certaines aides sont à destinations des starts-up, d’autres pour les PME de plus de 3 ans, d’autres encore peuvent concerner les ETI, etc. Les projets encouragés peuvent correspondre à des activités de R&D, c’est-à-dire en amont de la phase de développement du projet, ou sont plus proches de la commercialisation.
 
Sébastien Pichon : Les entreprises qui veulent financer leurs projets peuvent être confrontées à 3 barrières : le manque d’information, le manque de temps, et le manque d’expertise sur le sujet.

La première est la pire de toute. Il nous arrive régulièrement, en discutant avec des dirigeants de PME de leur projets, de citer les guichets les plus courants, comme la Banque Publique d’Investissement (BPI, ex OSEO) ou le FUI (Fond Unique Interministèriel), et de s’apercevoir que les gens connaissent mal (voire pas du tout) ces guichets, et encore moins les subventions qu’ils proposent !
 
Inutile de dire que sur des sujets un peu moins courants (subventions de l’Europe, par exemple), le degré d’information est encore plus faible. C’était tellement vrai il y a quelques années que nous en avions fait un argument commercial : 90% de nos clients ignoraient l’existence d’un dispositif dont ils pouvaient bénéficier avant notre intervention. Même si les gens sont de mieux en mieux informés, je dirais qu’encore aujourd’hui 75% de nos nouveaux clients sont concernés. C’est énorme ! Il y a un vrai déficit d’information.
 
Ensuite il y a le manque de temps. La plupart des entreprises ne peuvent pas consacrer plusieurs semaines à élaborer un dossier dont le résultat est incertain (dans le cas des subventions), ou qui pourra nécessiter des demandes de précision ultérieures de l’administration (dans le cas d’un Crédit d’Impôt).
 
Et puis bien sûr il faut bien connaitre le sujet en question ! Même au sein de notre cabinet, nous ne sommes pas tous spécialistes de tous les types de financement de l’innovation à la fois. Nous avons par exemple des collègues spécialisés dans les financements européens (qui sont très spécifiques) et d’autres dans les financements franco-français, comme les crédits d’impôts recherche et innovation, par exemple.
 
Stéphane Sapolin : Il faut ainsi savoir s’entourer de spécialistes pour décrypter le maquis des aides à disposition, notamment pour les starts-up. Pour cela, il existe des structures publiques, nationales ou régionales, telles que les incubateurs, les CCI, la BPI, etc. qui assurent également un accompagnement dans cette partie délicate qu’est le lancement d’une entreprise.  Par ailleurs, pour certaines ETI ou certains grands groupes, qui sont susceptibles d’accéder à des financements plus conséquents, il peut être intéressant de se faire accompagner, notamment sur les projets collaboratifs, nationaux ou européens.
 
Dans tous les cas, les cabinets de conseil peuvent intervenir en apportant leurs connaissances des aides aux financements de l’innovation. Quelques cabinets, comme EIF Innovation, assurent une intervention sur mesure. En effet, il ne s’agit pas de faire « coller » le projet à un produit de financement maitrisé par le cabinet, et qui ne correspondrait pas au besoin réel de l’entreprise. L’intervention vise à identifier le besoin de l’entreprise, et à y apporter une solution adaptée. Il s’agit donc plus d’une investigation d’experts que d’un parcours du combattant à proprement parler !




Sébastien Pichon est associé au sein du cabinet de conseil EIF Innovation. Il est titulaire d’un doctorat en biologie et biotechnologie et enseigne par ailleurs la fiscalité de l’innovation à l’université Paris 7.

Stéphane Sapolin est consultant expert pour EIF Innovation depuis 2012, cabinet qu’il a intégré après une longue expérience en tant que journaliste scientifique et consultant en cabinet de conseil.


EIF Innovation
EIF Innovation est une filiale de la société EIF. Présent sur le marché du conseil depuis plus de... En savoir plus sur cet auteur


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