19 ans après son adhésion à l’UE, la Bulgarie adopte l’euro

La Bulgarie s’apprête à adopter l’euro en 2026, une décision qui suscite des débats passionnés.

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19 ans après son adhésion à l'UE, la Bulgarie adopte l'euro
19 ans après son adhésion à l’UE, la Bulgarie adopte l’euro © journaldeleconomie.fr

La Bulgarie est sur le point de franchir une étape décisive dans son intégration européenne en adoptant l’euro comme monnaie officielle le 1er janvier 2026. Ce changement marque un tournant important pour ce pays des Balkans, qui est membre de l’Union européenne depuis 2007 et utilise actuellement le lev comme monnaie. En devenant le 21ᵉ pays à rejoindre la zone euro, la Bulgarie espère mieux stabiliser son économie et son milieu politique tout en se rapprochant de ses voisins européens.

Approbation et infos politiques

Le passage à l’euro a reçu le feu vert des ministres des Finances de l’Union européenne le 8 juillet 2025, dans un contexte où l’euro numérique est en développement pour transformer les transactions financières. Avant cela, la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) avaient déjà validé que le pays remplissait les critères économiques requis. La Bulgarie souhaitait initialement adopter l’euro plus tôt, mais des épisodes d’inflation élevée et une crise politique l’ont forcée à repousser la date prévue.

Le Premier ministre bulgare, Rossen Jeliazkov, a qualifié cette décision d’« historique » en postant sur le réseau social X : « Nous l’avons fait ! » De son côté, le commissaire européen Valdis Dombrovskis a rappelé que rejoindre la zone euro, ce n’est pas seulement changer de monnaie, c’est aussi construire un avenir meilleur et plus prospère pour le pays et ses citoyens.

Point sur l’économie

Sur le plan économique, la Bulgarie reste le pays le moins fortuné de l’Union européenne, avec un PIB par habitant de 24 200 euros – soit à peine 55% de celui d’un Allemand. Pour rappel, la moyenne dans l’UE se situe à 37 600 euros par habitant. Par ailleurs, la contribution de la Bulgarie ne représente que 0,6% du PIB total de l’UE.

Ces données soulignent les difficultés économiques du pays. Toutefois, les partisans de l’euro y voient une belle opportunité pour améliorer sa position au sein de l’Ouest et booster sa situation sur le long terme.

Retour du public et dissensions

L’annonce de l’arrivée prochaine de l’euro n’a pas fait l’unanimité. À Sofia, plusieurs milliers de manifestants se sont mobilisés, brandissant des pancartes « Non à l’euro », reflétant des craintes similaires à celles propagées par certaines théories du complot sur l’euro numérique. Des sondages récents indiquent qu’environ la moitié des personnes interrogées redoutent cette transition monétaire, craignant une flambée des prix.

Veselin Dimitrov, un musicien de 43 ans, estime que ces manifestations anti-euro reflètent « la marque du Kremlin » et avertit qu’aucune nouvelle monnaie ne pourra résoudre tous les problèmes profonds du pays. Il rappelle que, même si l’adoption de l’euro pourrait apporter quelques avantages économiques, ce n’est pas une solution miracle.

Les promesses du gouvernement bulgare

Pour calmer les inquiétudes de certains citoyens, le gouvernement bulgare a promis une transition « harmonieuse » et « efficace » vers l’euro. Le Premier ministre a assuré que toutes les mesures nécessaires seraient mises en place pour que le passage se fasse sans trop de perturbations et que l’intégration dans la zone euro se déroule dans les meilleures conditions.

L’histoire récente montre que plusieurs pays ont déjà réussi ce changement en douceur. D’abord lancé pour les transactions électroniques le 1er janvier 1999, l’euro a vu ses pièces et billets entrer en circulation le 1er janvier 2002. À l’époque, douze États membres – Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Autriche, Finlande, Irlande et Grèce – avaient adopté cette monnaie. Par la suite, huit autres pays ont sauté le pas : la Slovénie en 2007 ; Chypre et Malte en 2008 ; la Slovaquie en 2009 ; l’Estonie en 2011 ; la Lettonie en 2014 ; la Lituanie en 2015 et enfin la Croatie en 2023.

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