Les statistiques publiées le 29 janvier 2026 par Dares et France Travail permettent de dresser un bilan précis du marché du travail en France en 2025. Elles montrent une augmentation marquée du chômage. Cette hausse concerne l’ensemble de l’année et touche particulièrement les personnes sans aucune activité.
Une hausse nette et continue du chômage en 2025
Au quatrième trimestre 2025, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, augmente de 2,6 % par rapport au trimestre précédent. Selon la Dares, le total des inscrits en catégorie A atteint ainsi environ 3,35 millions de personnes en moyenne trimestrielle.
Sur un an, entre le quatrième trimestre 2024 et le quatrième trimestre 2025, la hausse est encore plus marquée. Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité progresse de 6,8 %. Cette évolution constitue l’augmentation annuelle la plus significative observée depuis plusieurs années dans les séries statistiques de France Travail. Elle traduit une dégradation durable du marché du travail tout au long de l’année 2025.
Lorsque l’on élargit l’analyse aux catégories B et C, qui regroupent les demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite, la tendance reste orientée à la hausse. Au total, près de 5,75 millions de personnes sont inscrites à France Travail et tenues de rechercher un emploi au quatrième trimestre 2025. L’ensemble des catégories A, B et C progresse de 1,0 % sur le trimestre et de 4,8 % sur un an, selon la Dares.
Des évolutions différenciées selon les catégories de demandeurs d’emploi
La dynamique du chômage observée en 2025 ne concerne pas uniquement les personnes sans activité. Les catégories B et C, qui regroupent des profils alternant périodes d’emploi court et chômage, représentent une part importante des inscrits. Au quatrième trimestre 2025, ces catégories rassemblent environ 2,4 millions de personnes. Leur progression contribue à l’augmentation globale du nombre de demandeurs d’emploi, même si elle est moins rapide que celle de la catégorie A.
Par ailleurs, la Dares souligne que les évolutions observées en 2025 sont partiellement influencées par des changements administratifs. Depuis le 1er janvier 2025, l’inscription automatique de certains publics, notamment les bénéficiaires du revenu de solidarité active et des jeunes en parcours d’insertion, a élargi le périmètre des personnes enregistrées par France Travail. Ces modifications ont un impact sur le nombre des effectifs inscrits.
Afin d’isoler la tendance conjoncturelle du marché du travail, la Dares publie également des séries dites complémentaires, corrigées de ces effets administratifs. Selon ces indicateurs, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A progresse d’environ 2 % sur le trimestre et de 1,7 % sur un an. Même corrigée, la tendance reste donc orientée à la hausse, confirmant une dégradation réelle de la situation de l’emploi.
Un marché du travail sous tension à la fin de l’année
Un autre indicateur suivi par la Dares éclaire l’évolution du chômage en 2025 : celui des sorties des listes de France Travail. Le nombre de radiations administratives diminue fortement au cours de l’année. Alors qu’elles atteignaient environ 45 000 par mois en début d’année 2025, elles tombent à un peu plus de 2 300 par mois au quatrième trimestre.
La combinaison de plusieurs facteurs explique ainsi la progression du chômage observée en 2025. D’une part, une augmentation effective du nombre de personnes sans emploi. D’autre part, des modifications de périmètre et de gestion administrative qui élargissent le champ des demandeurs d’emploi suivis par France Travail. Ensemble, ces éléments traduisent un marché du travail moins dynamique, avec une capacité limitée à absorber les nouvelles inscriptions.



