Définition de l’astroturfing
Il s’agit ici de créer ici un mouvement d’actions et de réactions, en vue de sensibiliser l’opinion sur une cause ou un sujet qui vont dans le sens des intérêts d’un acteur économique ou politique qui ne souhaite pas divulguer son identité. Les profils des initiateurs de ces stratégies peuvent être très divers et concerner des entreprises souhaitant nuire à l’image d’un concurrent (cas Samsung HTTC) ou défendre leur modèle économique (stratégie menée par Uber). Ils peuvent également prendre la forme de groupes d’intérêts corporatifs, de politique partisane ou de groupes d’influence (Boulay, 2012).
En effet, le Web et les outils informatiques (diffusion de commentaires positifs ou négatifs, likes, partages, courriel, etc.) permettent à ces stratégies de communication astroturfs de s’immiscer dans le quotidien des citoyens et d’attirer l’attention des médias, pour pouvoir influencer l’opinion. De ce point de vue, les possibilités offertes par les technologies de l’information et de la communication expliquent la recrudescence et le renforcement d’actions astroturfs dont les modalités n’ont pour limite que l’imagination de leurs créateurs (Daniels, 2009).
Une menace également pour les entreprises
Aux premiers abords, ce blog semblait appartenir à des « consommateurs réels », se donnant pour mission de parcourir tous les Wal- Mart d’Amérique. Or il s’agissait d’une stratégie totalement organisée par la société Edelman qui s’excusera plus tard d’avoir trompé les consommateurs.
Le Cas Amazon
La solution retenue par l’entreprise réside dans le système IA d’apprentissage automatique qui a été pensé pour détecter les faux commentaires et surtout la surreprésentation des évaluations, grâce à un algorithme, visant à repérer des produits originaux et des produits remis en ligne après avoir été modifiés, à la suite de problèmes. Ainsi, les critiques corrigées sont à chaque fois publiées. Par cette approche, le consommateur peut consulter ces évaluations nouvelles et se faire un avis plus pertinent et surtout à jour.
Chez Amazon, cette technique est considérée comme pouvant à terme mettre fin à l’astroturfing sur l’enseigne, en ayant une meilleure maîtrise du processus.
Références
Boulay, S. (2012), Exploration du phénomène d’astroturfing : une stratégie de communication usurpant l’identité citoyenne dans l’espace public, Communiquer, 7, p.61-84.
Daniels, J. (2009), Cloaked websites : propaganda, cyber-racism and epistemology in the digital era. New Media and Society, 11 (5), 659-683.
Klotz, R, J. (2007), Internet Campaigning for Grassroots and Astroturf Support. Social Science Computer Review, 25 (3), 3-12.
Laurens S. (2015), Astroturfs et ONG de consommateurs téléguidées à Bruxelles. Quand le business se crée une légitimité « par en bas », Critique internationale, 2 (67), p. 83-99.
Maisonneuve, D. (2010), Les relations publiques dans une société en mouvance. 4e édition. Québec: Presses de l’Université du Québec, 479 p.

