Une dette mondiale à un niveau historique
Le rapport du FMI, dévoilé lors de sa conférence annuelle sur les finances publiques, indique que la dette publique mondiale a augmenté de manière significative depuis la pandémie de Covid-19. En 2019, avant l’impact de cette crise sanitaire, la dette mondiale représentait environ 83% du PIB global. En 2024, ce pourcentage s’élève à 93%, soit une augmentation de 10 points en seulement quatre ans.
Si cette dynamique est inquiétante, elle pourrait encore s’aggraver. En effet, le FMI projette que d’ici 2030, la dette publique mondiale pourrait atteindre 100% du PIB global, si aucune action concrète n’est mise en place pour maîtriser cette dérive. « L’endettement des gouvernements continue d’augmenter à un rythme soutenu, et les perspectives de réduction à court terme sont limitées », a déclaré Era Dabla-Norris, directrice adjointe au département des affaires budgétaires du FMI.
Pourquoi la dette mondiale explose ?
Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation préoccupante de la dette. En premier lieu, les gouvernements ont dû augmenter considérablement leurs dépenses publiques pour répondre aux crises successives, notamment la pandémie et les enjeux climatiques. Le financement des programmes de soutien économique, ainsi que les investissements dans les infrastructures et les systèmes de santé, ont entraîné une hausse significative des emprunts.
Par ailleurs, les projections budgétaires des États se sont souvent révélées trop optimistes. De nombreux gouvernements ont basé leurs prévisions de croissance économique sur des scénarios positifs qui ne se sont pas réalisés, entraînant un écart entre les recettes fiscales et les dépenses publiques. « Les réformes budgétaires n’ont pas été menées à bien dans de nombreux pays, ce qui a contribué à l’aggravation des déficits », précise le FMI. En conséquence, les mesures d’ajustement budgétaire, lorsqu’elles ont été mises en place, n’ont pas suffi à freiner la hausse de l’endettement.
Enfin, les dettes dites « cachées », non comptabilisées dans les bilans publics mais souvent générées par des entreprises publiques ou des programmes de financement parallèle, ont également joué un rôle dans l’alourdissement des dettes nationales. Le FMI estime que ces dettes supplémentaires pourraient ajouter entre 1 % et 1,5 % du PIB à la dette publique des États concernés chaque année.


