L’agrandissement du terminal 2 de Nice intervient alors que l’aéroport a dépassé depuis plusieurs années sa capacité théorique initiale, avec 15,23 millions de passagers commerciaux en 2025, et qu’il présente pour l’été 2026 le programme de destinations le plus vaste de son histoire.
Le trafic de l’aéroport de Nice déjà au-dessus des anciens seuils
Le projet part d’un constat simple. Les terminaux 1 et 2 de l’aéroport de Nice avaient une capacité théorique d’accueil fixée à 14 millions de passagers par an. Ce seuil avait déjà été franchi avant la crise sanitaire du Covid, puis de nouveau après la reprise. Aéroports de la Côte d’Azur rappelle que cette extension devait permettre de porter la capacité à 18 millions de passagers tout en améliorant les conditions de service.
Le ministère des Transports a repris le même diagnostic au moment de l’inauguration. Sa note aux rédactions du 11 avril 2026 indique que l’équipement était « aujourd’hui saturé par le flux de passagers » et précise que la mise en service de ce nouvel ensemble doit améliorer « la qualité de service et la fluidité des passagers aux départs et aux arrivées ».
Cette extension arrive alors que le trafic continue de progresser. Selon le bilan publié par l’aéroport en janvier 2026, Nice Côte d’Azur a accueilli 15,23 millions de passagers commerciaux en 2025, soit une hausse de 3,2% sur un an. Le trafic international a augmenté de 4,7%, tandis que le trafic régulier long-courrier a progressé de 5,8%. La plateforme se trouve donc dans une phase de croissance déjà installée, pas dans une logique d’anticipation lointaine.
Ce que le nouveau terminal 2 ajoute réellement
Les chiffres du projet donnent une idée précise de ce qui change. Aéroports de la Côte d’Azur mentionne 23.058 m² de surface plancher additionnelle, soit 31% de surface supplémentaire pour les zones d’embarquement et de débarquement. Il ajoute aussi 36 nouvelles banques d’enregistrement, un tri-bagages supplémentaire, des zones agrandies pour l’inspection filtrage et le contrôle des passeports, ainsi que 6 portes d’embarquement et de débarquement compatibles Schengen et non-Schengen.
Un aéroport n’est pas seulement jugé sur le nombre de passagers qu’il accueille, mais sur sa capacité à faire circuler les flux sans désorganisation majeure. À Nice, l’extension vise d’abord les points de tension les plus classiques : l’enregistrement, les contrôles, l’attente avant embarquement, l’arrivée et le traitement des bagages.
L’aéroport présente ce chantier comme une adaptation de la plateforme existante. Sur sa page dédiée, Aéroports de la Côte d’Azur explique qu’il a été décidé d’augmenter la capacité des terminaux afin de pouvoir accueillir 18 millions de passagers annuels « dans de bonnes conditions de conforts et de sécurité ». Le groupe y voit aussi « un dimensionnement raisonnable » pour suivre une évolution du trafic jugée mesurée mais prévisible.
Nice consolide son rôle de grande porte d’entrée de la Côte d’Azur
Le calendrier de l’inauguration n’est pas anodin. Elle intervient alors que l’aéroport présente, pour l’été 2026, 130 destinations vers 47 pays. La plateforme parle du programme le plus vaste de son histoire, avec 10 nouvelles destinations et 15 liaisons long-courriers estivales. Cette densité de réseau dit beaucoup du rôle pris par Nice dans le paysage aérien français hors Paris.
Le terminal 2 devient ainsi l’un des leviers d’un positionnement plus large. Nice ne cherche pas seulement à absorber ses pics saisonniers ; l’aéroport doit aussi soutenir une desserte internationale dense sur un territoire où les flux touristiques, économiques et résidentiels se croisent fortement. C’est ce qui explique que la hausse du trafic passagers soit désormais suivie de près comme un indicateur de rang territorial autant que comme une donnée d’exploitation.
Le gestionnaire appuie cet argument par une étude d’impact économique publiée en février 2026. Selon cette étude réalisée par BDO, les aéroports de Nice Côte d’Azur et Cannes Mandelieu ont généré en 2024 une contribution de 2,8 milliards d’euros au PIB et 40.800 emplois. Pour la seule région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, la contribution est évaluée à 2,2 milliards d’euros de PIB et 30.750 emplois équivalents temps plein.
Les secteurs les plus concernés sont l’hôtellerie, les loisirs et les compagnies aériennes. L’étude chiffre aussi à 3,3 milliards d’euros les dépenses des visiteurs arrivant par l’aviation commerciale, avec une moyenne de 733 € par séjour. Dans ce cadre, le terminal 2 n’est pas seulement un chantier aéroportuaire : il s’inscrit dans une chaîne économique beaucoup plus large, qui touche l’hébergement, les déplacements, les services et l’activité touristique sur l’ensemble de la Côte d’Azur.
Un projet qui reste observé sous l’angle environnemental
L’agrandissement du terminal 2 ne fait pas disparaître les critiques liées à la progression du trafic aérien. L’aéroport répond en mettant en avant deux éléments. Le premier concerne le périmètre du projet : l’extension a été réalisée sur l’emprise existante de la plateforme, sans création de piste supplémentaire. Le second porte sur sa trajectoire carbone. En 2025, Nice Côte d’Azur a obtenu le niveau 5 de l’Airport Carbon Accreditation, présenté comme le niveau le plus élevé de ce programme international.
Le groupe rappelle également une baisse de 95% des émissions sous son contrôle direct pour le seul aéroport de Nice. Cela ne règle pas le débat de fond sur la croissance du trafic, mais cela montre comment l’exploitant cherche à justifier l’extension : maintenir une forte connectivité internationale tout en défendant une trajectoire d’exploitation plus sobre sur ses propres installations.

