Chômage, croissance : les sombres prévisions de l’OFCE

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L’OFCE a publié un rapport alarmant sur l’état de l’économie française en 2025. Entre une croissance économique fragile, un taux de chômage en hausse et des incertitudes politiques pesantes, les prévisions laissent entrevoir un avenir difficile. En dépit des efforts budgétaires du gouvernement, l’OFCE anticipe un ralentissement marqué de l’économie, avec des répercussions sur l’emploi et le pouvoir d’achat.

Les prévisions économiques préoccupantes pour 2025

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a dévoilé un rapport décrivant une situation économique morose pour la France en 2025. Alors que le gouvernement espère réduire le déficit public de 6,1 % du PIB en 2024 à 5 % en 2025, l’OFCE estime que cet effort budgétaire entraînera une baisse de la croissance de 0,8 point de PIB en 2025. Une situation préoccupante pour l’économie française, d’autant plus que le taux de chômage, actuellement à 7,3 %, pourrait grimper à 8 % d’ici la fin de 2025.

L’incertitude politique, exacerbée par la dissolution de l’Assemblée nationale et la division entre trois grands blocs, est également pointée du doigt par les experts de l’OFCE. D’après leurs calculs, cette instabilité pourrait amputer la croissance de 0,1 point en 2024 et de 0,2 point en 2025. L’investissement des entreprises, freiné par ce climat incertain, représente un facteur clé dans ce ralentissement économique. Selon l’économiste de l’OFCE, Mathieu Plane, « l’impact est limité mais non négligeable », dans un contexte où la croissance ne devrait pas dépasser 1,1 % en 2024 et seulement 0,8 % en 2025.

Le redressement des comptes publics, notamment via une réduction du financement des politiques de l’emploi, risque d’accentuer la dégradation du marché du travail. Selon les prévisions, environ 143.000 emplois pourraient être supprimés en 2025, après deux années marquées par des créations importantes (500.000 en 2022 et 210.000 en 2023). Pour Mathieu Plane, « c’est une bascule assez significative » dans un pays où le chômage recommence à grimper après plusieurs années de baisse.

Chômage en hausse et pouvoir d’achat en baisse

Les ménages français ne seront pas épargnés par ce ralentissement. L’OFCE prévoit un recul de 0,2 % du pouvoir d’achat individuel en 2025, contre une hausse de 1,1 % en 2024. Ce déclin s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : une contraction de l’emploi, une croissance limitée des prestations sociales, et une baisse des revenus du patrimoine due à des dividendes et des taux d’intérêt plus faibles. Malgré cela, la consommation des ménages devrait rester la principale source de croissance en 2025, avec une augmentation de 1,1 %.

Néanmoins, l’OFCE met en garde contre un potentiel repli de la consommation si le taux d’épargne, actuellement à 17,8 %, restait élevé en 2025. Une épargne excessive, stimulée par les incertitudes politiques et économiques, pourrait faire chuter la croissance à 0,5 %, une perspective inquiétante pour l’avenir économique du pays.

En dépit de ce tableau économique assombri, l’OFCE entrevoit une lueur d’espoir du côté de l’inflation. Celle-ci devrait ralentir pour atteindre 2 % en 2024, conformément aux objectifs de la Banque centrale européenne, avant de baisser à 1,5 % en 2025. Cette maîtrise des prix pourrait inciter les ménages à consommer davantage, mais cela suffira-t-il à compenser les incertitudes qui pèsent sur l’ensemble de l’économie française ?

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