La dette publique française atteint des sommets historiques

Publié le
Lecture : 2 min
Banknotes 7850299 1280
La dette publique française atteint des sommets historiques | journaldeleconomie.fr

En hausse constante, la dette publique française a dépassé les 3.300 milliards d’euros. François Bayrou, nouveau premier ministre, hérite d’une situation préoccupante qu’il ambitionne de redresser d’ici dix ans.

La dette, un fardeau toujours plus lourd

La dette publique française a franchi un nouveau cap historique, culminant à 3.303 milliards d’euros au troisième trimestre 2024, soit 113,7 % du produit intérieur brut (PIB). Selon l’Insee, cette augmentation de 71,7 milliards d’euros en trois mois est principalement imputable à la dette de l’État, qui s’est alourdie de 60 milliards d’euros. À cela s’ajoutent des hausses de la dette des administrations sociales et locales, bien que plus modestes.

Cette situation inquiète économistes et observateurs. « À ce niveau de déficit, la crédibilité de la France est en jeu », avertit l’économiste Norbert Gaillard au Figaro. Si la situation n’est pas redressée rapidement, des agences de notation comme S&P ou Moody’s pourraient abaisser la note de la dette française, ce qui entraînerait une hausse des coûts d’emprunt. Déjà, les obligations à dix ans atteignent 3,07 %, contre moins de 2,9 % dix jours plus tôt.

Depuis 2004, la dette a triplé, et la France est aujourd’hui l’un des rares pays européens à ne pas avoir réduit son endettement depuis la crise du Covid. Selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, seule la Grèce et l’Italie affichent des niveaux de dette publique plus élevés rapportés au PIB.

Dans ce contexte tendu, François Bayrou a affiché sa détermination à s’attaquer au problème. Le nouveau premier ministre, en poste depuis peu, a annoncé un « plan de rééquilibrage des finances publiques » sur dix ans. Cependant, les détails de sa stratégie restent flous. Lors d’une intervention sur France 2, il a écarté l’idée de surtaxer les entreprises tout en évoquant une réforme des retraites.

Un chantier colossal et des solutions limitées

« On peut trouver une organisation différente », a-t-il déclaré, suggérant un départ à 64 ans. Mais toute modification du système des retraites aura des répercussions sur les finances publiques. L’annulation de la réforme actuelle coûterait, à elle seule, 8,2 milliards d’euros par an, selon l’Institut Montaigne.

Le déficit public, estimé à 162,4 milliards d’euros en 2024 (6,2 % du PIB), est loin de l’objectif de 5 % fixé par le précédent gouvernement. Malgré ces chiffres alarmants, François Bayrou s’efforce de garder une perspective constructive : « Nous devons respecter le plan tout en trouvant un équilibre soutenable. »

La tâche s’annonce ardue. Outre la réduction de la dette, les politiques devront stimuler la croissance, selon François Geerolf, économiste à l’OFCE : « Réduire la dette sans créer de richesse ne résoudra pas le problème. » Des mesures comme l’augmentation de la TVA, par exemple, risqueraient de freiner la consommation sans améliorer l’efficacité des services publics.

Dans un climat d’instabilité politique et économique, l’Agence France Trésor prévoit d’emprunter un montant record de 300 milliards d’euros en 2025. Une réalité qui illustre les limites d’un modèle économique où l’équilibre budgétaire semble hors d’atteinte.

Laisser un commentaire

Share to...