Des ministres français pressent l’Europe d’assouplir les normes CO2 pour l’automobile

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Des ministres français pressent l’Europe d’assouplir les normes CO2 pour l’automobile | journaldeleconomie.fr

Trois ministres français appellent la Commission européenne à revoir les normes d’émissions de CO2 imposées aux constructeurs automobiles. Dans une tribune, Agnès Pannier-Runacher, Marc Ferracci et Benjamin Haddad avertissent des conséquences économiques d’une application stricte de ces règles face à une industrie en difficulté.

L’Europe au défi de la transition écologique automobile

Dans une tribune publiée dans les Échos, Agnès Pannier-Runacher (Transition écologique), Marc Ferracci (Industrie) et Benjamin Haddad (Affaires européennes) interpellent directement Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Ils suggèrent un lissage des objectifs de vente de véhicules électriques pour éviter une pression excessive sur le secteur. « L’application stricte d’une réglementation dépassée par la conjoncture (…) serait une grave erreur politique », écrivent-ils, en soulignant l’impact d’amendes potentielles pouvant atteindre 15 milliards d’euros en 2025.

Le règlement CAFE (Corporate Average Fuel Economy), qui impose aux constructeurs de vendre environ 25 % de véhicules électriques dans leurs gammes dès 2025, représente un véritable casse-tête pour une industrie confrontée à un ralentissement de la demande. Sur le marché européen, les ventes d’électriques, bien qu’en progression, restent inférieures aux attentes. Selon les ministres, cette situation ne résulte pas d’une faute des constructeurs européens, mais bien d’une conjoncture économique défavorable.

Une politique industrielle européenne sous tension

Sans assouplissement des règles, les conséquences pourraient être désastreuses pour l’industrie européenne, alertent les ministres. Les constructeurs se trouveraient contraints de choisir entre deux options coûteuses et nuisibles : acheter des crédits d’émission à des concurrents chinois ou américains, ou limiter la production de véhicules thermiques, ce qui mettrait en péril des milliers d’emplois chez les sous-traitants et fragiliserait l’industrie continentale.

Les trois ministres plaident pour une approche européenne plus pragmatique. « La politique industrielle nécessite souplesse, adaptabilité, simplicité », écrivent-ils, exhortant Bruxelles à éviter un « transfert massif de richesses » vers des constructeurs étrangers. Ils rappellent néanmoins que l’électrification reste un enjeu majeur pour la décennie, à condition que l’Union européenne accompagne efficacement ses industriels.

Alors que la transition écologique s’accélère, cet appel révèle les tensions entre objectifs environnementaux ambitieux et réalités économiques. La Commission européenne devra trancher entre fermeté réglementaire et soutien à un secteur clé de l’économie européenne.

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