Le plan de l’UE pour relancer la machine économique européenne

Publié le
Lecture : 2 min
Banner 2608475 1280
Le plan de l’UE pour relancer la machine économique européenne | journaldeleconomie.fr

Après une année marquée par des élections européennes et le renouvellement de ses institutions, l’Union européenne a dévoilé son plan de relance économique, intitulé la « boussole pour la compétitivité ». Cette feuille de route vise à replacer l’Europe dans la course face aux États-Unis, où Donald Trump a lancé une vague de dérégulations, et la Chine, dont l’essor technologique s’accélère, notamment avec des avancées en intelligence artificielle.

Des réformes structurelles pour l’Union européenne

Lors de la présentation du plan, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a souligné les atouts du continent : une industrie solide, une main-d’œuvre qualifiée et un marché intérieur vaste. Elle a néanmoins reconnu que le modèle économique européen des vingt-cinq dernières années, fondé sur une énergie russe bon marché et une production externalisée en Chine, était désormais caduc. « Le monde ne nous attend pas », a-t-elle insisté, appelant les États membres à l’unité.

La Commission prévoit une vingtaine de propositions législatives d’ici à 2027. Un premier jalon sera posé le 26 février avec une loi de simplification « omnibus », un texte dédié à l’industrie propre et un plan d’action pour une énergie plus abordable. Actuellement, le coût de l’énergie en Europe est trois fois supérieur à celui des États-Unis, un frein majeur à la compétitivité.

Des mesures spécifiques sont prévues pour les secteurs en difficulté comme la sidérurgie, l’automobile et la chimie, mais aussi pour les technologies émergentes, dont l’intelligence artificielle. Pour dynamiser ces industries, la Commission envisage d’assouplir le régime des aides d’État et de favoriser une « préférence européenne » dans les marchés publics. Un autre axe clé est l’achat en commun de matières premières stratégiques, afin de réduire la dépendance aux pays tiers.

Un défi politique pour Ursula von der Leyen

La question du financement demeure un point sensible. Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, estimait en septembre que 800 milliards d’euros d’investissements annuels étaient nécessaires pour maintenir la compétitivité européenne. Ursula von der Leyen, elle, écarte pour l’instant l’idée d’un financement commun des États membres et évoque un hypothétique « fonds de compétitivité » pour 2028.

Autre enjeu majeur : la simplification réglementaire. La Commission veut réduire de 25 % les obligations de reporting des entreprises et alléger la charge administrative des PME. Une première réforme, prévue fin février, modifiera des textes clés sur le devoir de vigilance des entreprises et la taxonomie verte.

Dans un contexte où le Parti populaire européen (PPE) pousse pour plus de dérégulation et où l’extrême droite, renforcée après les élections de juin, pourrait influencer les décisions, Ursula von der Leyen marche sur une ligne de crête. Elle doit rassurer les défenseurs du pacte vert tout en donnant des gages aux entreprises et aux États membres qui réclament plus de flexibilité.

Avec ce plan, la Commission tente de relancer la dynamique économique européenne. Mais la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité des Vingt-Sept à trouver un consensus, un exercice qui s’annonce périlleux dans un climat politique européen de plus en plus polarisé.

Laisser un commentaire

Share to...