Flottes d’entreprises : la transition vers l’électrique patine

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Flottes d’entreprises : la transition vers l’électrique patine | journaldeleconomie.fr

Depuis 2020, la loi d’orientation des mobilités impose aux entreprises possédant plus de 100 véhicules de renouveler progressivement leur flotte avec des modèles électriques ou hybrides rechargeables. À compter de 2025, au moins 20 % des achats devront concerner ce type de véhicules, avec un objectif de 70 % en 2030. Pourtant, selon une étude publiée de l’ONG Transport & Environnement (T&E), seule une entreprise sur quatre respecte ces quotas.

Des entreprises pionnières et des secteurs en retard

D’après ce rapport, 45 % des entreprises concernées n’ont même pas immatriculé un seul véhicule électrique en 2024. Globalement, les grandes sociétés font moins bien que les particuliers en matière de décarbonation de leur mobilité. En conséquence, la France accuse un retard par rapport à d’autres pays européens, comme la Norvège (81 % de véhicules électriques dans les flottes d’entreprises) ou les Pays-Bas (environ 40 %), qui appliquent des politiques incitatives plus strictes.

Malgré ce constat préoccupant, certaines entreprises montrent l’exemple. La Poste, acteur public majeur, a renouvelé sa flotte à 69 % avec des véhicules électriques ou hybrides rechargeables. Orange affiche un taux de 41 %, tandis que Vinci et Bouygues atteignent 27 %. Parmi les sociétés financières, le Crédit Agricole se démarque avec 36 % de véhicules électriques sur un parc de plus de 43 000 unités. Le loueur Filpar, franchisé Hertz en Corse, figure aussi parmi les bons élèves.

À l’inverse, certaines entreprises peinent à s’adapter. La SNCF, malgré son engagement en faveur de la réduction des émissions de CO₂, affiche un taux de seulement 5 % de véhicules électriques sur 5.270 immatriculations en 2024. Altice, maison mère de SFR, n’a, quant à elle, acquis aucun modèle électrique. Dans le secteur du BTP, NGE plafonne à 6 %, et BPCE, acteur financier majeur, à 8 %. Les loueurs automobiles, pourtant essentiels dans la transition, restent aussi à la traîne : Enterprise, par exemple, n’a intégré que 1 % de véhicules électriques à sa flotte.

Un cadre réglementaire en évolution

Face à ces manquements, le gouvernement a renforcé les mesures incitatives. Une taxe a été votée dans la loi de finances 2025 pour sanctionner les entreprises ne respectant pas les quotas. T&E estime qu’une société de 1.000 véhicules qui n’aurait pas amorcé sa transition devra payer 70.000 euros en 2025, un montant pouvant grimper à 2,25 millions d’euros d’ici cinq ans.

Cette nouvelle contrainte fiscale bénéficie du soutien du ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, qui milite également pour un alignement des mesures au niveau européen. Toutefois, une autre proposition de loi, portée par les députés Gérard Leseul (PS) et Jean-Marie Fiévet (Renaissance), pourrait semer la confusion avec un dispositif de sanctions différent. Son adoption reste incertaine.

L’enjeu est crucial : les véhicules d’entreprise alimentent le marché de l’occasion, qui représente 83 % des achats de voitures en France. Accélérer la transition permettrait ainsi de démocratiser l’accès aux modèles électriques et d’assurer une décarbonation plus efficace du secteur automobile.

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