L’aide à la rénovation énergétique, MaPrimeRénov’, fait beaucoup parler d’elle en ce moment. Des rumeurs sur la suppression circulent selon lesquelles elle pourrait être suspendue dès le second semestre 2025. Destinée à aider de nombreux foyers français à améliorer la performance énergétique de leur logement, cette aide serait interrompue dès juillet à cause d’une dépense budgétaire qui file en éclats. Depuis novembre 2024, les demandes explosent, et on se demande comment la situation en est arrivée là et ce que cela va changer pour ceux qui en bénéficient.
Une demande en flèche et un budget qui tire la tronche
Depuis son lancement le 1er janvier 2020, MaPrimeRénov’ a vu son budget initial passer de 390 millions d’euros à 740 millions d’euros. En 2024, ce budget avait grimpé jusqu’à 4 milliards d’euros, alors qu’on avait envisagé 5 milliards d’euros à l’origine. Pourtant, seulement 3,29 milliards d’euros ont été utilisés cette année-là. Pour l’année suivante, les crédits disponibles sont ramenés à 2,1 milliards d’euros, malgré des autorisations d’engagement pouvant atteindre 3,4 milliards d’euros.
L’engouement pour cette aide est indéniable. Au premier trimestre 2025, pas moins de 696 millions d’euros ont été versés, comparé à 366 millions d’euros sur la même période en 2024. Mais, face à cette ruée des demandes, on se heurte à un manque de financement estimé à 2 milliards d’euros, conséquence directe de la multiplication des rénovations.
Chiffres révélateurs et galères budgétaires
Entre janvier et avril 2025, environ 63 500 rénovations ont été effectuées, alors que l’année précédente ce nombre s’élevait à 78 000 pour la même période. Les rénovations d’ampleur ont largement progressé avec 17 000 logements concernés dès le premier trimestre, contre seulement 5 500 l’an passé. Par contre, les petites rénovations en geste ont chuté, passant de 72 500 au premier trimestre 2024 à 46 000 en 2025.
Les objectifs pour l’année restent élevés avec l’ambition de réaliser 350 000 rénovations, dont 100 000 rénovations d’ampleur. Pour rappel, l’année précédente, 340 800 logements avaient été rénovés, dont presque 91 000 rénovations d’ampleur.
Difficultés financières et réactions des responsables
La gestion financière se complique. Le retard dans le versement des crédits – dû aux longues discussions parlementaires autour du budget – a conduit à une absorption trop rapide des fonds dès qu’ils avaient été débloqués. Cela veut dire que les nouvelles demandes ne pourront plus être traitées, et que les dossiers déjà validés devraient connaître des délais supplémentaires.
Le ministère du Logement n’a pas formellement confirmé la suspension, mais admet qu’il y a une « forte dynamique sur la rénovation d’ampleur ». Cette situation surcharge les services instructeurs et rallonge les délais d’attribution des aides. De plus, un nombre élevé de fraudes a été signalé et jugé insatisfaisant par les autorités, ce qui souligne l’importance de la lutte contre la fraude. Des annonces sont attendues courant juin pour tenter de réguler ce flux et débusquer les fraudeurs.
Une initiative historique qui se prend la tête
Depuis ses débuts en début de décennie, MaPrimeRénov’ avait pour objectif initial de distribuer 200 000 aides chaque année pour la rénovation énergétique. En 2020, 141 000 dossiers ont été validés sur 192 000 soumis, pour un total de 570 millions d’euros distribués.
Jacques Baudrier indique que « depuis novembre 2024, les demandes explosent », ce qui nécessite une réforme législative pour assurer un soutien financier durable tout en gardant une gestion rigoureuse des fonds publics.





