La réforme des tickets-restaurant, présentée par Véronique Louwagie, ministre du Commerce, s’apprête à changer la donne pour ces titres en France. Lors de sa présentation au Parlement, il sera question d’élargir et de simplifier leur usage pour les 5,5 millions de salariés qui en bénéficient aujourd’hui. Cette nouvelle mesure, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2027, devrait bien modifier le quotidien des travailleurs.
Vers une utilisation étendue des tickets
Jusqu’à présent, les tickets-restaurant servaient surtout à payer les repas pendant la pause déjeuner et leur emploi était interdit le dimanche ainsi que lors des jours fériés. La réforme prévoit de les autoriser le dimanche pour tous, tout en conservant l’interdiction pendant les jours fériés. En pratique, chaque salarié pourra ainsi utiliser ses tickets pour faire ses courses alimentaires en supermarché le dimanche.
Cette modification viendra consolider la dérogation mise en place dès 2022, qui permettait déjà dans certains cas d’utiliser ces titres pour des achats alimentaires. Attention, les produits comme l’alcool, les confiseries et les aliments pour bébé ou pour animaux restent exclus de ces achats.
Fini le papier : place au tout numérique
Un changement majeur concerne la disparition des titres imprimés. À partir du 28 février 2027, les tickets papiers ne seront plus acceptés. En ce moment, environ 40 % des tickets restent sous forme papier, même si presque trois-quarts des opérations se font déjà via une carte dématérialisée. Ce virage vers le numérique devrait simplifier l’utilisation et renforcer la sécurité de ces moyens de paiement.
La ministre Véronique Louwagie a d’ailleurs affirmé : « Le ticket-restaurant doit rester directement relié au monde du travail ».
Répercussions économiques et ouverture commerciale
D’un point de vue économique, cette réforme n’est pas anodine. Selon Franck Chaumes, président de la branche Restauration à l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), l’emploi plus fréquent des tickets-restaurant dans les supermarchés a fait encaisser au secteur une perte estimée à 700 millions d’euros depuis 2022. Pour répondre à ces préoccupations, le gouvernement mettra en place une charte de transparence sur les commissions, jugées excessives par certains commerçants et restaurateurs.
Par ailleurs, le marché, aujourd’hui dominé par quatre grands acteurs, s’ouvrira davantage à la concurrence. La Commission nationale des titres-restaurant (CNTR) sera supprimée, et la Banque de France se verra confier la tâche d’habiliter les émetteurs de ces titres.
Des perspectives pour demain
Avec cette réforme ambitieuse, le gouvernement souhaite simplifier et sécuriser l’usage quotidien des tickets-restaurant. En donnant aux salariés la possibilité de les utiliser plus librement, notamment pour leurs courses alimentaires le dimanche, cette mesure pourrait bien améliorer leur pouvoir d’achat face aux défis économiques actuels, y compris l’insécurité alimentaire.



