Ramasser des coquillages ou du bois flotté en vous baladant au bord de la mer, c’est quelque chose que beaucoup font pour garder un souvenir de vacances. Ce que l’on ignore souvent, c’est que ces gestes, qui paraissent anodins, sont en réalité encadrés par des règles très strictes en France. Ces textes visent à préserver nos littoraux, considérés comme des écosystèmes fragiles et précieux. Mieux vous connaîtrez ces règles, moins vous risquez de vous retrouver avec une facture salée et vous contribuerez à garder nos plages en bon état.
Des règles sévères et des sanctions qui fâchent
En France, emporter du sable ou des galets sur la plage peut coûter gros. Les amendes pour un prélèvement illégal peuvent atteindre jusqu’à 1 500 €. Cela tient à l’article L. 321-8 du Code de l’environnement qui interdit toute extraction susceptible de compromettre l’intégrité des plages et des milieux littoraux. De plus, cueillir des fleurs protégées peut entraîner une amende allant jusqu’à 150 000 €.
Préserver les écosystèmes côtiers
Les plages, ce n’est pas seulement un endroit pour se détendre, elles jouent un rôle déterminant dans l’écosystème côtier. Même un petit prélèvement de sable peut fragiliser la plage, tandis que les algues et les plantes sèches déposées par la mer sont indispensables pour maintenir un équilibre délicat. On précise que « les extractions de matériaux […] sont limitées ou interdites lorsqu’elles risquent de compromettre […] l’intégrité des plages ».
Le sable, qui fait partie du domaine public maritime, est régi par des règles strictes. En revanche, le sable éolien – celui qui se retrouve sur les trottoirs après avoir été transporté par le vent – peut être collecté, sans enfreindre la loi. Pour ce qui est des coquillages vides, ils sont soumis aux mêmes restrictions que le sable. Par contre, la collecte de coquillages vivants varie selon les départements, avec une réglementation propre pour ceux destinés à la consommation.
Galets et faune végétale littorale : prenons soin de notre patrimoine
Les galets jouent un rôle de bouclier contre l’érosion et les effets de la houle sur la faune et la flore locales. Les ramasser nuit progressivement aux plages, raison pour laquelle leur prélèvement est strictement réglementé avec des sanctions pouvant atteindre 1 500 €. En Normandie, cette interdiction est en vigueur depuis 1975.
La flore littorale bénéficie également d’une protection très stricte. Cueillir ces plantes peut coûter jusqu’à 150 000 €, car elles sont indispensables pour maintenir la biodiversité qui permet aux écosystèmes côtiers de bien fonctionner.
Bois flotté et verre dépoli : permis mais à manier avec soin
Contrairement aux autres éléments naturels cités plus haut, ramasser du bois flotté n’est pas officiellement interdit. Pourtant, ce bois fait partie de la laisse de mer, un véritable écosystème qui abrite toute une variété de micro-organismes indispensables pour la vie sur le littoral. Le verre dépoli, quant à lui, peut être récupéré, car le ramasser contribue à nettoyer la plage.
Des souvenirs responsables sans nuire à la nature
Pour ceux qui souhaitent repartir avec un souvenir sans porter atteinte à l’environnement, pensez à prendre des photos ou à acheter des spécialités locales et des objets artisanaux. Avant de vous lancer dans une quelconque collecte sur le littoral, renseignez-vous auprès de la mairie locale afin de connaître les règles applicables dans la région.


