Depuis mars dernier, la France a revu à la hausse sa taxe sur les boissons sucrées, ce qui modifie les comportements d’achat des consommateurs belges. Longtemps, de nombreux Belges traversaient la frontière pour profiter de tarifs plus avantageux en France. Mais aujourd’hui, la tendance s’inverse, et cela remet en question l’attrait de la France pour les courses alimentaires.
Un paysage des courses transfrontalières en évolution
D’après la Fédération de l’industrie alimentaire belge (Fevia), les achats transfrontaliers des Belges en France ont chuté de 8,7 % au deuxième trimestre de l’année. Par ailleurs, le nombre de Belges traversant pour faire leurs courses a diminué de 8,9 % ces trois derniers mois.
Cette baisse de la consommation se remarque particulièrement sur certains produits :
- le café, le thé et le cacao ont reculé de 22 %,
- tandis que les produits laitiers comme le lait, le fromage et les œufs ont essuyé une baisse de 13,6 %.
- Les eaux et boissons rafraîchissantes n’échappent pas non plus à la tendance avec une diminution de 12 %.
Parallèlement, les prix en France ont monté en moyenne de 9,1 % à la suite de l’augmentation de la taxe sur le sucre. Les sodas et jus de fruits ont connu une hausse d’environ 10 %. Malgré ces augmentations, la France reste le marché principal pour les courses transfrontalières des Belges, représentant 65 % du total, malgré le mécontentement des touristes.
Détour par d’autres destinations européennes
Avec ces hausses sur le territoire français, les consommateurs belges se tournent vers d’autres pays. Les Pays-Bas enregistrent eux aussi une baisse des achats transfrontaliers avec une réduction de 11,5 %. En revanche, le Luxembourg et l’Allemagne voient une progression des visites belges, avec une hausse des achats de 3,7 % dans ces pays. Dans ces deux cas, la catégorie eau et boissons sucrées a connu une augmentation spectaculaire d’environ 32 %.
Les dépenses totales des Belges à l’étranger durant le premier semestre se sont élevées à 343 millions d’euros, dont 223 millions d’euros dépensés en France. Ce chiffre souligne l’importance du marché français, malgré la baisse actuelle des courses.
Répercussions économiques et perspectives à venir
Carole Dambour, économiste chez Fevia, espérait au départ que la hausse des taxes en France entraînerait une forte réduction des achats transfrontaliers. Elle décrit toutefois la situation comme un « jeu à somme nulle » : « La France augmente ses taxes. Une partie des achats revient chez nous. Et l’année prochaine, nous augmenterons nous aussi les taxes », déclare-t-elle à une chaîne locale, RTL Info.
D’ailleurs, la Belgique prévoit d’introduire une taxe élevée sur les déchets sauvages dès avril 2026. Cette mesure fera grimper les prix de certains emballages plastiques et pourrait inciter encore plus de consommateurs belges à refaire le saut de la frontière pour faire leurs courses.




Même à prix égal je continuerai de faire mes courses en France.