Crise démographique : pourquoi l’État va envoyer une lettre à tous les Français de 29 ans

Le gouvernement français lance un plan inédit pour lutter contre l’infertilité, touchant 1 couple sur 8.

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Crise démographique : pourquoi l’État va envoyer une lettre à tous les Français de 29 ans
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Pour répondre à un défi démographique pressant, le gouvernement français annonce une initiative ambitieuse : une lettre sera envoyée à tous les Français âgés de 29 ans. L’objectif est d’encourager la natalité tout en réduisant la mortalité périnatale, explique Le Figaro. Cette mesure s’inscrit dans un plan plus large piloté par le ministère de la Santé, alors que les enjeux démographiques pèsent de plus en plus sur l’avenir du pays.

Pourquoi ce plan maintenant

Le plan fait suite à l’appel d’Emmanuel Macron pour un « réarmement démographique » lancé début 2024. Porté par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, il se veut surtout une manière d’ouvrir des possibilités plutôt qu’une injonction. « Le rôle du politique n’est pas d’être prescriptif mais d’ouvrir les possibles », a souligné le cabinet de la ministre. Les chiffres montrent que 1 couple sur 8 est concerné par des problèmes d’infertilité, liés à des causes médicales, environnementales, comportementales et sociétales. Par ailleurs, la France affiche un taux de mortalité maternelle et infantile préoccupant, supérieur à celui de ses voisins européens, avec une mortalité infantile néonatale en légère hausse depuis 2011.

Ce que contient le plan

Le plan repose sur 16 mesures qui seront mises sur la table lors du premier comité de pilotage présidé par le Pr Samir Hamamah et Salomé Berlioux. Parmi les points forts : l’envoi d’une lettre aux jeunes de 29 ans avant la fin de l’été. À cet âge, l’autoconservation des gamètes est autorisée hors raison médicale (congélation des ovocytes ou des spermatozoïdes), ce qui rend particulièrement pertinente l’information prévue dans la lettre, des précisions sur la contraception, la santé sexuelle, ainsi que sur l’aide médicale à la procréation (AMP).

Faciliter l’autoconservation et soutenir la recherche

Aujourd’hui, 40 centres proposent l’autoconservation des gamètes ; le gouvernement vise à porter ce nombre à 70 d’ici 2028. Les délais d’attente restent toutefois longs, ce qui pousse à envisager une ouverture au privé lucratif, tout en préservant la gratuité du don. L’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) a été chargée d’augmenter l’activité des centres et de raccourcir ces délais. Le plan met aussi l’accent sur des pathologies comme l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques, pour assurer une meilleure prise en charge. Ce soutien financier est crucial pour encourager la natalité.

Penser la santé périnatale dans son ensemble

Le dispositif couvre aussi la santé périnatale et maternelle : un registre des naissances doit être opérationnel en 2027, et les revues de morbimortalité seront généralisées dès le second semestre de 2026. Ces mesures visent à mieux comprendre et améliorer les mauvais résultats français actuels. Le suivi est confié à des experts reconnus : le Pr Loïc Sentilhes, la Pr Elsa Kermorvant et Éliette Bruneau.

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