Quitter les études avant d’obtenir un diplôme change durablement la trajectoire professionnelle. Les dernières données publiées par l’Insee montrent un lien clair entre abandon scolaire, chômage plus fréquent et contrats précaires. Pour les jeunes, l’enjeu est concret : le niveau d’études reste l’un des meilleurs remparts contre l’exclusion du marché du travail.
Un risque de chômage nettement plus élevé après l’abandon des études
Selon les chiffres cités par Le Point, 19,7 % des 15-34 ans ont déjà interrompu une formation avant d’obtenir un diplôme en 2024. Autrement dit, près d’un jeune sur cinq a connu un abandon d’études. Or cette rupture n’est pas neutre : elle pèse directement sur l’accès à l’emploi car le lien entre études et chômage apparaît sans ambiguïté dans les données de l’Insee. « Faire des études ne garantit pas un emploi, mais accroît les chances d’y accéder », rappelle l’institut dans l’étude. Le diplôme n’assure pas un CDI automatique, mais il réduit le risque de se retrouver au chômage.
Concrètement, les jeunes qui ont définitivement arrêté leurs études sont beaucoup plus exposés au chômage. D’après BFMTV, « près d’un jeune sur quatre qui a définitivement abandonné ses études est au chômage et un sur cinq est en CDD ou en intérim ». Environ 25 % des décrocheurs sont donc sans emploi, et près de 20 % occupent un contrat court. Plus le niveau d’études est faible, plus la probabilité d’entrer rapidement dans un emploi stable diminue. À l’inverse, les jeunes diplômés accèdent plus souvent à un CDI et connaissent moins d’épisodes de chômage prolongé.
Des débuts de carrière marqués par la précarité et le sous-emploi
Le chômage ne se limite pas à l’absence totale d’emploi. L’Insee prend aussi en compte le « halo autour du chômage » et le sous-emploi. Selon l’institut, 23 % des jeunes sortis de formation initiale depuis un à quatre ans sont contraints dans leur offre de travail en 2023, c’est-à-dire au chômage, en situation proche du chômage ou en temps partiel subi. L’insertion apparaît donc fragile dans les premières années. Or cette fragilité est encore plus marquée chez les jeunes ayant arrêté leurs études sans diplôme.
Ainsi, l’abandon des études ne conduit pas seulement à un risque accru de chômage immédiat. Il augmente aussi la probabilité d’entrer dans une spirale de précarité. Un jeune qui commence sa vie active par des contrats courts connaît plus facilement des interruptions d’activité.
Il est important de le souligner : interrompre ses études ne condamne pas définitivement à l’inactivité. Certains jeunes reprennent une formation plus tard. D’autres se stabilisent progressivement sur le marché du travail. Toutefois, les données de l’Insee montrent que le risque de chômage est nettement plus élevé au départ pour ceux qui quittent le système éducatif sans diplôme.
Pour les jeunes, comprendre le lien entre études et chômage permet de mesurer l’impact d’une décision d’abandon. Au final, le message de l’Insee est clair : le diplôme ne garantit pas un emploi immédiat. Mais il constitue un atout majeur face au chômage.


