Mal-logement : un étudiant sur trois en difficulté selon la Fage

Un étudiant sur trois est aujourd’hui en situation de mal-logement en France. L’enquête publiée le 24 février 2026 par la Fage met en évidence des loyers trop élevés, des logements dégradés et un reste à vivre parfois inférieur à 100 euros par mois. Une réalité qui pèse directement sur le quotidien et la réussite universitaire.

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22,3% des étudiants disposent de moins de 100 euros par mois après avoir payé leur loyer. | journaldeleconomie.fr

L’étude nationale dévoilée le 24 février 2026 par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) dresse un constat préoccupant : un tiers des étudiants en France sont confrontés à une situation de mal-logement. Derrière cette donnée, des réalités concrètes : pression des loyers, logements dégradés, difficultés à financer les dépenses courantes.

Logement : des loyers qui absorbent l’essentiel du budget des étudiants

Le logement représente aujourd’hui la dépense la plus lourde pour les jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur. Selon l’enquête de la Fage, le loyer moyen s’élève à 491 euros par mois, avec des montants dépassant 700 euros dans la capitale. Dans de nombreuses villes universitaires, trouver un studio accessible relève d’un véritable défi.

La conséquence est immédiate : une part importante des étudiants voit son budget résiduel se réduire à un niveau critique. L’étude indique que 22,3% d’entre eux disposent de moins de 100 euros mensuels après paiement du loyer. Plus d’un étudiant sur deux conserve moins de 200 euros pour faire face aux autres dépenses.

Ce niveau de contrainte financière pousse de nombreux jeunes à exercer une activité salariée en parallèle de leurs études. Or cette organisation, si elle permet de payer le loyer, peut fragiliser la réussite académique.

La présidente de la Fage, Suzanne Nijdam, résume la situation dans des propos rapportés par Franceinfo« Les logements coûtent trop cher et ne sont pas du tout adaptés aux réalités étudiantes. »

Le logement devient ainsi un déterminant central du quotidien étudiant, conditionnant l’accès à l’autonomie mais aussi la capacité à suivre sereinement une formation.

Insalubrité et nuisibles : des conditions de vie préoccupantes

La question n’est pas uniquement financière. L’enquête met également en évidence la dégradation d’une partie du parc occupé par les étudiants.

Parmi ceux identifiés en situation de mal-logement :

  • 18,3% signalent des moisissures ;
  • 16,5% évoquent des dégâts des eaux ;
  • 13,3% déclarent la présence de nuisibles.

Ces éléments renvoient à des conditions de vie qui dépassent l’inconfort. Humidité persistante, isolation défaillante, chauffage insuffisant ou infestations d’insectes peuvent avoir des effets sur la santé et le bien-être. Plus de quatre étudiants sur dix indiquent par ailleurs vivre dans un logement mal isolé, ce qui renchérit les charges énergétiques et accentue la pression budgétaire.

À ces difficultés matérielles s’ajoute un enjeu numérique : près d’un tiers des étudiants déclarent ne pas bénéficier d’une connexion internet stable, pourtant essentielle dans l’organisation des études supérieures.

Suzanne Nijdam rappelle dans ce contexte : « On le martèle depuis des années, la précarité, c’est vraiment le premier facteur de l’échec académique. »

Le lien entre conditions de logement et réussite universitaire apparaît ainsi de plus en plus explicite.

Une offre insuffisante face à la demande croissante

La situation décrite par l’enquête s’inscrit dans un contexte plus large de tension sur le marché locatif. Les résidences universitaires gérées par les CROUS ne permettent pas de répondre à l’ensemble des demandes. Chaque rentrée universitaire, un nombre important d’étudiants se tournent vers le parc privé, où la concurrence est forte et les exigences élevées.

Les petites surfaces, particulièrement recherchées, concentrent la hausse des prix. Les critères d’accès — garanties financières, caution, niveau de ressources — excluent de fait certains profils, notamment les étudiants issus de milieux modestes ou les étudiants internationaux.

Au-delà des chiffres, c’est la question de l’égalité d’accès aux études qui se trouve posée. Le choix d’une formation peut être conditionné par la capacité à se loger à proximité. La mobilité géographique devient un facteur d’inégalité supplémentaire.

Des pistes pour répondre à la crise du logement étudiant

Face à ces constats, l’organisation étudiante avance plusieurs orientations : augmenter l’offre de logements dédiés aux étudiants, encadrer plus strictement les loyers dans les zones les plus tendues et adapter les aides au logement aux réalités locales du marché.

L’enjeu dépasse la seule question immobilière. Il concerne la capacité du système d’enseignement supérieur à garantir des conditions d’étude équitables. Lorsque le logement absorbe l’essentiel des ressources et que les conditions matérielles se dégradent, c’est l’ensemble du parcours universitaire qui s’en trouve affecté.

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