Energie : le pétrole repart à la hausse et frôle le record

Cette flambée des cours pétroliers se répercute instantanément sur l’accélération de l’inflation dans les principales économies mondiales.

Publié le
Lecture : 2 min
Pétrole : l'Arabie saoudite prolonge les coupes de production
Energie : le pétrole repart à la hausse et frôle le record © journaldeleconomie.fr

Les cours du pétrole s’envolent depuis le 24 avril 2026, le Brent frôlant les 111 dollars le baril face à l’impasse diplomatique américano-iranienne.

Le pétrole retrouve des niveaux historiques après cinq jours de tensions géopolitiques

Depuis le vendredi 24 avril 2026, les cours du pétrole connaissent une ascension vertigineuse qui évoque les grandes crises énergétiques de ces dernières décennies. Cette envolée tarifaire trouve sa source dans l’enlisement diplomatique persistant entre Washington et Téhéran, tandis que le conflit militaire entre dans sa soixantième journée.

La fermeture stratégique du détroit d’Ormuz par l’Iran continue d’étrangler environ 20 % des exportations mondiales d’hydrocarbures, engendrant une pénurie qui propulse inexorablement les cours vers des sommets alarmants. Cette crise s’est encore aggravée avec l’annonce surprise des Émirats arabes unis de leur retrait de l’OPEC dès le 1er mai, ajoutant une nouvelle dimension à cette tourmente énergétique planétaire.

Une progression fulgurante des cours

L’évolution tarifaire dessine une trajectoire particulièrement préoccupante pour l’économie mondiale. Le baril de Brent, référence européenne, a bondi de 72,87 dollars le 27 février à 111,13 dollars mardi 28 avril, selon les données de Channel News Asia.

Outre-Atlantique, le West Texas Intermediate (WTI) franchit symboliquement la barre des 100 dollars pour la première fois depuis le 13 avril, culminant à 99,92 dollars le baril mardi après-midi. Cette évolution traduit une augmentation de 49 % comparativement aux 67,02 dollars enregistrés à la veille du déclenchement des hostilités.

Brian Jacobsen, stratège économique en chef chez Annex Wealth Management, observe que « le départ des Émirats illustre combien il peut s’avérer ardu de maintenir l’unité d’un cartel durant les périodes d’adversité ». Il souligne par ailleurs que « les Émirats constituent le troisième plus important producteur de l’OPEC et leur quota demeure largement inférieur à leurs capacités réelles ».

Des répercussions immédiates sur l’inflation mondiale

Cette flambée des cours pétroliers se répercute instantanément sur l’accélération de l’inflation dans les principales économies mondiales. Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a atteint 3,3 % sur base annuelle le mois dernier, marquant le niveau le plus élevé depuis mai 2024.

À la pompe, les Américains subissent de plein fouet cette escalade tarifaire. Selon l’Association automobile américaine, le prix moyen de l’essence a grimpé à 4,18 dollars le gallon (1,10 dollar le litre) mardi, contre 2,92 dollars fin février. Cette progression de 43 % en deux mois représente le niveau le plus élevé depuis près de quatre années.

Bernard Yaros, économiste principal chez Oxford Economics, explique que « les effets de propagation des prix énergétiques plus élevés viendront s’ajouter à l’inflation de base au cours de la prochaine année ». Il précise que cette dynamique « reflète la transmission des coûts énergétiques majorés aux biens et services non énergétiques, phénomène qui tend à culminer trois mois après le choc énergétique initial ».

L’impasse diplomatique alimente la spéculation

Les négociations entre Washington et Téhéran demeurent dans une impasse totale, nourrissant l’incertitude sur les marchés financiers. Rachel Ziemba, experte associée au Center for a New American Security, constate que « les négociations semblent enlisées et toute résolution à court terme apparaît difficile ».

Un responsable américain a confirmé mardi que le président Donald Trump était « mécontent de la dernière proposition iranienne » concernant la résolution du conflit, amenuisant les espoirs d’une issue diplomatique rapide. Cette situation maintient une prime de risque géopolitique élevée sur les cours du brut.

D’après l’agence SANA, les contrats à terme sur le Brent pour livraison en juin ont gagné 45 cents supplémentaires mardi, soit 0,4 %, pour s’établir à 108,68 dollars le baril, après une progression de 2,8 % lors de la séance précédente.

Laisser un commentaire

Share to...