Trois millions de Français éligibles, moins de 40 % de dossiers déposés. Face à ce constat, le gouvernement a dû reculer. L’aide carburant de 100 euros destinée aux grands rouleurs peut désormais être demandée jusqu’au 31 août 2026, au lieu du 30 juillet initialement prévu. Un arrêté publié au Journal officiel le 8 août officialise cette prolongation, révélant les failles d’une communication gouvernementale pourtant cruciale pour le pouvoir d’achat des travailleurs modestes. Alors que les prix à la pompe ont bondi de 17 % en un mois pour le gazole, comprendre les rouages de ce dispositif devient urgent.
Qu’est-ce que cette aide carburant et à qui s’adresse-t-elle ?
100 euros pour les travailleurs qui roulent beaucoup
Annoncée le 22 avril 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu, cette indemnité visait initialement 50 euros avant d’être portée à 100 euros le 21 mai. L’objectif affiché : compenser la flambée des prix provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Concrètement, ces 100 euros équivalent à environ 20 centimes d’euro par litre, soit un demi-plein pour un réservoir de 50 litres. Pas de quoi révolutionner le budget mobilité, mais un soulagement bienvenu pour les ménages contraints de parcourir quotidiennement de longues distances professionnelles. Contrairement à certains dispositifs précédents, cette aide ne se limite pas aux salariés. Le ministère de l’Économie précise : « Cette aide aux travailleurs modestes ‘grands rouleurs’ ne concerne pas seulement les salariés, puisqu’elle les indépendants, les artisans, les commerçants ou les agriculteurs sont aussi éligibles. »
Les conditions : revenus modestes et trajets professionnels
Trois critères cumulatifs déterminent l’éligibilité. Premier filtre : le revenu fiscal de référence par part ne doit pas dépasser 16 880 euros. Deuxième condition : effectuer au moins 30 kilomètres aller-retour quotidien entre le domicile et le lieu de travail, soit 15 kilomètres dans un sens. Alternative pour les travailleurs itinérants : parcourir au minimum 8 000 kilomètres par an dans le cadre professionnel. Troisième impératif : utiliser un véhicule thermique ou hybride non rechargeable. Les voitures électriques et les véhicules de fonction restent exclus du dispositif. Attention également : les allocations chômage et préretraites ne comptent pas comme revenus d’activité selon le ministère, ce qui exclut de facto certains publics pourtant contraints de se déplacer.
Comment demander l’aide avant le 31 août 2026
C’est simple : une demande en ligne, 10 jours pour recevoir l’argent
La procédure se déroule entièrement en ligne. Il suffit de se connecter sur le site impots.gouv.fr, rubrique dédiée à l’indemnité carburant, et de remplir un formulaire en quelques minutes. Les pièces justificatives nécessaires : avis d’imposition, justificatif de domicile, attestation employeur mentionnant la distance domicile-travail ou, pour les indépendants, un relevé kilométrique professionnel. Une fois le dossier validé, le versement intervient sous une dizaine de jours sur le compte bancaire renseigné. Aucun envoi postal n’est requis, toute la chaîne administrative fonctionne de manière dématérialisée. Le délai court jusqu’au 31 août minuit, date butoir pour soumettre sa demande.
Qui peut vraiment en bénéficier ? Les critères expliqués
Reprenons point par point. Vous êtes salarié et parcourez 35 kilomètres par jour pour rejoindre votre entreprise ? Vous êtes éligible si votre revenu fiscal de référence par part reste sous 16 880 euros. Vous êtes artisan et roulez 10 000 kilomètres annuels pour vos chantiers ? Même condition de revenu, même éligibilité. En revanche, si vous conduisez une voiture de fonction mise à disposition par votre employeur, ou si vous avez investi dans un véhicule électrique, vous êtes exclu. Le dispositif cible strictement les dépenses carburant liées aux motorisations thermiques et hybrides non rechargeables. Autre cas particulier : les travailleurs en préretraite ou percevant des allocations chômage ne peuvent prétendre à l’aide, faute de revenus d’activité au sens fiscal du terme.




