L’argent de poche est souvent perçu comme un simple outil éducatif pour apprendre aux adolescents à gérer un budget. Pourtant, les chiffres du baromètre 2026 du Teenage Lab by Pixpay révèlent une réalité plus nuancée : filles et garçons ne reçoivent pas toujours les mêmes montants. Des écarts modestes en apparence, mais qui peuvent influencer la confiance financière et l’autonomie des jeunes.
Des écarts d’argent de poche qui apparaissent dès le collège
Donner de l’argent de poche à son enfant est devenu une pratique courante dans de nombreuses familles. Cette petite somme permet aux adolescents de gérer leurs premières dépenses, d’apprendre à économiser ou encore de faire des choix de consommation. Mais les données du baromètre 2026 « Argent de poche et inégalités », publié par le Teenage Lab by Pixpay à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, montrent que les montants accordés ne sont pas toujours identiques entre filles et garçons.
En moyenne, les adolescentes reçoivent 9 euros de moins par mois que les garçons, selon les données. L’écart existait déjà l’an dernier, mais il était plus faible : 6,7 euros par mois en 2025, toujours selon la même étude. La différence s’accentue avec l’âge. Chez les adolescents de 16 à 17 ans, les garçons perçoivent en moyenne 141,1 euros d’argent de poche mensuel, contre 122 euros pour les filles. Cela représente près de 19 euros d’écart par mois, soit 229 euros sur une année, selon le baromètre.
Les filles demandent plus souvent… mais reçoivent moins
Le baromètre met aussi en lumière une différence intéressante dans la manière dont les adolescents sollicitent leurs parents. Les adolescentes sont plus nombreuses à demander une rallonge d’argent de poche. Selon l’étude, 58 % des demandes proviennent des filles, contre 42 % des garçons.
Pourtant, lorsque les garçons formulent une demande, ils réclament en moyenne un montant légèrement plus élevé. Les garçons demandent environ 34 euros, tandis que les filles demandent 32 euros, selon les données du Teenage Lab by Pixpay 2026.
Cette situation peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Certains spécialistes évoquent notamment des différences de socialisation : les garçons sont parfois encouragés à négocier davantage ou à demander des montants plus importants, tandis que les filles peuvent être plus prudentes dans leurs demandes.
Des adolescentes souvent plus actives pour gagner de l’argent
Pour augmenter leur argent de poche, certains adolescents utilisent la fonctionnalité « Missions » proposée dans l’application Pixpay. Celle-ci permet de réaliser des petites tâches rémunérées au sein de la famille.
Les résultats montrent que 59 % des adolescents ayant demandé une mission rémunérée sont des filles, contre 41 % de garçons, selon les données du Teenage Lab by Pixpay 2026.
Cela peut être un excellent apprentissage. Effectuer une mission, même simple, permet aux jeunes de comprendre la relation entre travail et rémunération, mais aussi de développer leur autonomie financière. Cependant, si l’argent de poche reste systématiquement plus faible pour les filles, cet effort supplémentaire peut parfois renforcer un sentiment d’injustice.
L’étude souligne également le rôle important des parents dans la gestion de l’argent de poche. Dans 75 % des foyers, ce sont les mères qui gèrent l’argent de poche des adolescents, selon le baromètre Pixpay 2026. Elles s’occupent le plus souvent du suivi des dépenses, de la planification du budget ou du versement régulier de la somme. Les pères, en revanche, apparaissent généralement plus généreux dans les montants accordés. En moyenne, ils donnent 5,5 euros de plus que les mères aux adolescents, selon l’étude.
Pourquoi ces écarts peuvent influencer les adolescents
Même s’ils restent limités, ces écarts peuvent avoir un impact sur la façon dont les adolescents perçoivent leur valeur et leurs capacités financières.
Un adolescent qui dispose d’un budget plus élevé aura davantage d’occasions d’apprendre à gérer un budget, d’épargner ou de planifier des dépenses. À l’inverse, un budget plus limité peut réduire ces possibilités.
À long terme, certains spécialistes estiment que ces différences précoces peuvent influencer la confiance financière. Apprendre à demander, négocier ou gérer de l’argent fait partie des compétences économiques essentielles. C’est pourquoi de nombreux pédagogues encouragent les familles à réfléchir aux règles mises en place autour de l’argent de poche.


