Le gouvernement français a annoncé récemment un changement notable sur les indemnités journalières d’assurance maladie. Cette mesure, qui fait partie du projet de loi de finances de la sécurité sociale pour 2025, vise à baisser le plafond des indemnités versées aux salariés en arrêt maladie (ce qui fait déjà parler d’elle et pourrait bien modifier le quotidien de pas mal de travailleurs).
Ce qui va changer
L’exécutif a confirmé la mesure le 19 février et prévoit son application dès le 1er avril. Actuellement, la Sécurité sociale verse 50 % du salaire journalier aux salariés à partir du quatrième jour d’arrêt maladie, avec un plafond fixé à 1,8 fois le Smic (environ 53 euros par jour). La nouvelle règle prévoit de réduire ce plafond à 1,4 fois le Smic selon Franceinfo, ce qui se traduit par une baisse d’environ douze euros par jour pour les personnes concernées.
Cette décision sera concrétisée par un décret et s’inscrit dans un plan plus vaste de l’État visant à réaliser des économies notables sur les dépenses publiques (l’objectif affiché est de dégager plus de 30 milliards d’euros d’ici 2025, dont près de 5 milliards en provenance du secteur social).
La diminution du plafond devrait permettre d’économiser environ 400 millions d’euros. On ne connaît pas encore le nombre exact de salariés concernés, mais cette mesure s’inscrit dans une stratégie globale où l’État espère réaliser près de 23 milliards d’euros d’économies à travers divers ajustements budgétaires.
Le but affiché est de redresser les finances publiques tout en surveillant de près les dépenses sociales. (L’État mène de front plusieurs initiatives pour remettre de l’ordre dans la dépense publique.) Toutefois, certains acteurs du milieu social et économique n’y voient pas que du positif.
Retours et critiques
Le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) n’est pas du tout emballé par cette initiative. Selon ses responsables, la baisse pourrait affecter le pouvoir d’achat des Français, notamment chez les jeunes et les personnes les plus fragiles (ils redoutent une dégradation concrète du pouvoir d’achat). Le CTIP déplore également l’absence de concertation préalable et s’oppose à une ponction supplémentaire de 800 millions d’euros sur les salariés et entreprises sans justification suffisante.
Dans un communiqué, le CTIP a déclaré : « Que les salariés et les entreprises subissent une nouvelle ponction alors que rien ne le justifie et qu’aucune concertation n’a été menée ». Ils insistent sur la nécessité d’un « diagnostic partagé » (afin d’évaluer correctement les retombées potentielles de cette réforme sur l’économie, tant au niveau domestique que collectif).
Face aux critiques, le ministère du Travail a indiqué qu’il fallait mener une « réflexion plus globale sur les causes » qui mènent à ces évolutions législatives. L’idée, c’est aussi de trouver des solutions préventives pour réduire le recours aux arrêts maladie.
Le débat sur le financement des arrêts maladie soulève une question importante pour l’avenir économique du pays : comment trouver le juste équilibre entre exigences budgétaires et protection sociale ? Alors que la date du 1er avril approche, il faudra voir comment ces mesures seront accueillies par ceux qui y toucheront de près et quels ajustements pourront être opérés pour répondre aux inquiétudes exprimées.


