Attention aux propriétaires d’IPTV : la France se lance dans une chasse au piratage

Près de 5 millions de Français se tournent vers des services IPTV illégaux, séduits par des prix défiant toute concurrence.

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Attention aux propriétaires d'IPTV : la France se lance dans une chasse au piratage
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Le piratage IPTV fait de plus en plus parler de lui en France. De nombreux téléspectateurs se tournent vers des services de télévision illégaux, souvent parce qu’ils coûtent moins cher que les abonnements officiels. On compte près de 5 millions de Français utilisant ces services non autorisés. Les abonnements pirates, offerts pour moins de 100 euros par an, séduisent largement par leur tarif avantageux.

L’ampleur du piratage IPTV en France

En novembre 2024, une étude a montré que 37% des fans de la Ligue 1 utilisaient des moyens illégaux pour voir les matchs. Lors des grands rendez-vous, comme les matchs opposant le PSG à l’OM, ce chiffre atteint 55%. Plusieurs raisons expliquent cette tendance, notamment le prix élevé des abonnements officiels et la diversité des options disponibles. Comparativement, les offres pirates sont simples d’accès et directes.

On distingue clairement l’IPTV légale, proposée par des opérateurs tels que Free, Orange ou SFR dans un cadre contractuel bien défini, de l’IPTV illégale où des plateformes diffusent des contenus sans droits et à moindre coût.

Initiatives légales et techniques en marche

Pour faire face à ce phénomène inquiétant, un projet de loi, porté par les sénateurs Michel Savin et Laurent Lafon, veut instaurer un nouveau délit dédié au piratage sportif. Les sanctions envisagées pourraient aller jusqu’à trois ans de prison et 300 000 euros d’amende pour les diffuseurs illégaux. En plus, promouvoir ces services risquerait une peine d’un an d’emprisonnement.

Marie Barsacq, ministre des Sports, insiste sur le fait qu’il faut viser les fournisseurs plutôt que les simples utilisateurs : « C’est vraiment un délit et il faut pouvoir sanctionner […] celui qui organise la mécanique, le fournisseur ». Elle propose aussi de faire appel à l’Arcom ainsi qu’à des prestataires privés pour renforcer la lutte.

Comparaison internationale et outils techniques

Comparée à d’autres pays européens, la France n’est pas encore au top. Au Royaume-Uni, environ trente prestataires s’activent chaque week-end pour détecter les flux illégaux, tandis qu’en Italie, un système automatisé baptisé Piracy Shield sert à bloquer les flux et repérer les adresses IP des utilisateurs.

En France, certains fournisseurs de VPN doivent bloquer plus de 200 sites pirates. Par ailleurs, la Commission européenne a dressé une liste noire comprenant 52 sites et hébergeurs. Des outils comme Njalla ou Piracy Shield sont aussi surveillés.

Implications économiques et culturelles

Le piratage s’est profondément installé dans les habitudes des Français, surtout à cause des tarifs jugés trop élevés pour les abonnements sportifs. Par exemple, DAZN, le diffuseur officiel de la Ligue 1, a même revu ses prix à la baisse pour essayer d’attirer plus d’abonnés officiels.

La question va au-delà d’un simple problème financier ; elle touche aussi à la protection des industries culturelles et à la sécurité des données personnelles. En Espagne, certaines mesures consistent à envoyer des lettres de conciliation aux utilisateurs identifiés via leur opérateur télécom.

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