Carburants : Leclerc annonce vouloir faire baisser les prix à la pompe

La remontée des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques impliquant l’Iran ravive les inquiétudes sur les carburants en France. Dans ce contexte, Michel-Édouard Leclerc affirme vouloir obtenir une baisse temporaire des prix dans les stations de son réseau, en faisant pression sur les raffineurs. Une annonce qui intervient alors que les automobilistes voient déjà les tarifs repartir à la hausse.

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Le prix des carburants à la pompe continuent de grimper. | journaldeleconomie.fr

Alors que les prix des carburants flambent sur fond de tensions internationales, Michel-Édouard Leclerc assure que les stations de son réseau pourraient proposer une baisse temporaire des tarifs. Le dirigeant de la grande distribution affirme avoir engagé des discussions avec les raffineurs pour réduire les prix d’achat du carburant.

Carburants : la guerre contre l’Iran fait grimper les cours du pétrole

Les automobilistes continuent à constater une vive remontée des prix des carburants dans certaines stations-service. Depuis le début de l’escalade militaire impliquant l’Iran au début du mois de mars, les marchés pétroliers ont fortement réagi. Le baril de Brent évoluait autour de 87 dollars le 11 mars, après avoir franchi la barre des 80 dollars dans les jours qui ont suivi les premières frappes.

Cette progression du pétrole brut commence progressivement à se répercuter sur les prix des carburants en Europe, même si le décalage entre les marchés pétroliers et les stations-service peut prendre plusieurs jours. Dans ce contexte de tension sur les cours, les distributeurs anticipent déjà les effets possibles sur les tarifs à la pompe.

C’est dans ce climat que Michel-Édouard Leclerc a annoncé vouloir obtenir une baisse des prix dans les stations de son réseau. Invité de Franceinfo, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc affirme avoir engagé des discussions avec les acteurs situés en amont de la filière pétrolière.

« On a mis la pression sur les raffineurs », a-t-il déclaré, estimant qu’un effort de leur part pourrait permettre de limiter la hausse pour les automobilistes.

Des marges très faibles pour les distributeurs

Selon Michel-Édouard Leclerc, les stations-service de la grande distribution disposent de marges très limitées sur la vente de carburants. Les enseignes utilisent souvent ces stations comme un levier pour attirer les consommateurs vers leurs hypermarchés, ce qui réduit les bénéfices réalisés sur le carburant lui-même.

« Notre marge est de 2 à 3 %, donc c’est entre 2 et 6 centimes par litre », a-t-il expliqué lors de son intervention sur Franceinfo.

Dans ces conditions, les distributeurs affirment avoir peu de marge de manœuvre lorsque les cours du pétrole augmentent. Les carburants vendus dans les différentes stations proviennent en effet des mêmes dépôts pétroliers, ce qui limite les différences de prix structurelles entre enseignes.

Michel-Édouard Leclerc insiste également sur ce point : « En aucun cas les pompistes ne se font une marge. On est pratiquement à prix coûtant. »

Selon lui, une baisse visible pour les automobilistes ne pourrait donc intervenir que si les prix d’achat du carburant diminuent en amont de la distribution, notamment au niveau du raffinage.

Un marché dominé par les stations de la grande distribution

En France, les stations-service de la grande distribution occupent une place importante dans la distribution des carburants. La France compte un peu plus de 11.000 stations-service, dont environ 5.000 exploitées par des enseignes de la grande distribution, selon les données du Comité professionnel du pétrole (CPDP).

Cette forte présence explique pourquoi les initiatives de ces enseignes sur les prix sont particulièrement observées. Les grandes surfaces utilisent en effet souvent le carburant comme produit d’appel afin d’attirer les automobilistes vers leurs magasins.

Dans ce contexte, les annonces de baisse de prix faites par certains distributeurs peuvent rapidement influencer la concurrence locale entre stations, notamment dans les zones commerciales où plusieurs enseignes sont implantées.

La concurrence entre enseignes se joue souvent sur quelques centimes par litre. Pour un automobiliste, l’écart peut sembler limité, mais sur un plein de 50 litres, une différence de 5 centimes par litre représente déjà 2,50 euros d’écart. Ces variations expliquent pourquoi les opérations ponctuelles de baisse de prix dans les stations de la grande distribution sont particulièrement suivies par les conducteurs.

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