Après le matraquage fiscal, vérité première assumée par Pierre Moscovici à la rentrée, voici l’aveu que l’ « on est entré dans une période où l’argent public sera durablement rare. Interviewé par Les Echos, Bernard Cazeneuve promet que les objectifs de réduction des déficits publics seront tenus, faisant suite à la polémique initiée mardi par la Commission Européenne qui ne croit pas aux prévisions en la matière du gouvernement français. Là où la France promet de passer sous la barre des 3 % de déficit en 2015, avec un an de retard sur le timing prévu, Bruxelles voit encore la France à 3,7% de déficit à cette date. nnPour arriver à cela, Bernard Cazeneuve se prépare à se mettre en travers du coffre fort, quand bien même celui-ci est déjà vide. « Je serai intraitable sur le respect des objectifs de dépenses ». Pour cela, tout crédit accordé d’un côté sera « compensé à l’euro près par autant d’annulations réparties sur l’ensemble des ministères ». nnLa dépense publique est-elle en baisse de 15 milliards en 2014 (en fait, elle progresse moins vite que son rythme de croissance habituel corrélé à l’inflation, mais ne reflue pas). « Il faudra porter notre ambition encore plus loin en 2016 et 2017 » margelle Bernard Cazeneuve.
Par ailleurs, Bernard Cazeneuve entend renforcer encore les sanctions contre les fraudeurs. « Chaque euro perçu sur ceux qui fraudent est un euro de moins demandé aux Français qui payent déjà » martèle le ministre du Budget. Cela vaut aussi bien pour les particuliers, qu’il invite à régulariser au plus vite leur situation avant que les sanctions ne deviennent plus sévères, mais aussi pour les entreprises. « Il n’est pas question de faiblir face à la fraude ou à l’optimisation fiscale ». Un message qui en pleine révolte des bonnets rouges, qui ressemble de plus en plus à une révolte fiscale, est manifestement destiné à décourager ceux qui espèrent que l’étau se déserre, avec une amnistie générale à la clef…

