La CGT dénonce une vague de plans sociaux et la chute industrielle française

En moins de six mois, la CGT recense 444 plans sociaux à travers le pays. Un chiffre alarmant qui révèle, selon le syndicat, une désindustrialisation sans précédent et une fragilisation du tissu productif français. Derrière ces restructurations, la centrale syndicale pointe des politiques publiques inefficaces et un modèle économique qu’elle juge à bout de souffle.

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La CGT dénonce une vague de plans sociaux et la chute industrielle française
La CGT dénonce une vague de plans sociaux et la chute industrielle française | journaldeleconomie.fr

Le 30 octobre 2025, la CGT a rendu public un rapport accablant : depuis les élections européennes de juin 2024, 444 plans sociaux ont été enregistrés en France, dont 325 dans le seul secteur industriel. Cette explosion des suppressions d’emplois, dénoncée par la confédération de Sophie Binet, témoigne d’un phénomène plus profond de désindustrialisation. Selon les données relayées par Capital, près de 30 000 emplois sont directement menacés.

Un signal d’alarme sur la désindustrialisation française

Les plans sociaux recensés depuis juin 2024 couvrent tous les pans de l’économie, mais c’est l’industrie qui concentre la majorité des fermetures de sites. Sur les 444 plans, 325 concernent la production industrielle, selon France 24. « Nous sommes dans un moment de désindustrialisation massive », a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, citée par Capital.

Pour la centrale syndicale, cette multiplication des plans sociaux traduit une perte de souveraineté économique. Les délocalisations, l’automatisation et la concurrence étrangère fragilisent les territoires. D’après la CGT, « c’est un recensement très partiel : il nous en manque énormément, c’est juste le petit bout de l’iceberg », a précisé Sophie Binet dans des propos rapportés par CNEWS. Cette estimation laisse entendre que le nombre réel de suppressions d’emplois pourrait être encore supérieur.

Des politiques industrielles jugées incohérentes

Au-delà du constat, la CGT dénonce la responsabilité de l’État et des entreprises. Le syndicat rappelle que plusieurs groupes bénéficiaires d’aides publiques ont pourtant enclenché des plans sociaux. « Quand on est aidé, on n’a pas le droit de licencier », insiste Sophie Binet dans ce même article CNEWS. Selon elle, les dispositifs d’aide sans contrepartie sociale encouragent les directions à restructurer sans contrainte, aggravant la désindustrialisation.

Le gouvernement, de son côté, affirme soutenir le redéploiement industriel via des programmes de relocalisation et d’investissement. Mais pour la CGT, ces politiques demeurent déconnectées du terrain. « On a été les premiers à dire que nous sommes dans un moment de désindustrialisation massive », martèle encore la syndicaliste. Le syndicat demande une conditionnalité stricte des aides publiques et un contrôle renforcé sur les fermetures de sites afin d’enrayer la spirale des plans sociaux.

Derrière les chiffres, des territoires meurtris

Les plans sociaux recensés par la CGT concernent autant les grandes entreprises que les PME régionales. Les bassins industriels de la Loire, du Nord et de la Haute-Marne figurent parmi les plus touchés. Chaque fermeture entraîne un effet domino : perte d’emplois directs, effondrement de la sous-traitance, baisse des recettes locales. D’après France 24, près de 30 000 emplois sont aujourd’hui menacés, sans compter les intérimaires et prestataires.

Pour la CGT, la désindustrialisation n’est pas une fatalité mais le résultat d’un choix politique. Le syndicat plaide pour une stratégie industrielle nationale axée sur la transition écologique, la formation et la protection de l’emploi. L’organisation entend maintenir la pression sur le gouvernement en publiant chaque trimestre un suivi du nombre de plans sociaux, devenu baromètre d’une économie française sous tension.

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