Climat : la facture globale explose selon le dernier rapport de l’ONU

La transition vers une économie bas carbone ne constitue pas un coût net, mais un arbitrage stratégique entre pertes certaines et rendements futurs massifs.

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L'impact dramatique du réchauffement climatique sur l'économie
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Le nouveau rapport GEO-7 de l’ONU confirme que la crise du climat est désormais un risque macroéconomique majeur. Les dommages environnementaux générés par l’activité humaine atteignent des niveaux sans précédent et pèsent déjà sur la croissance mondiale. Les calculs du Programme des Nations unies pour l’environnement montrent que le statu quo pourrait amputer le PIB global de 4 % d’ici 2050 et de près de 20 % avant la fin du siècle, sous l’effet combiné du réchauffement, de la dégradation des terres, de l’effondrement de la biodiversité et de la pollution.

Des milliards de dollars de dégâts par heure

L’addition environnementale suit une trajectoire devenue insoutenable. Selon le rapport, la production alimentaire et l’usage des énergies fossiles génèrent environ 5 milliards de dollars de dégâts chaque heure, soit plus de 41 000 milliards d’euros par an après conversion. Le système alimentaire pèse à lui seul près de 18 400 milliards d’euros, tandis que le transport dépasse 12 000 milliards et que l’électricité issue des combustibles fossiles approche 11 000 milliards. Ces montants ne prennent pas en compte les effets systémiques futurs, notamment les ruptures de chaînes d’approvisionnement provoquées par les événements climatiques extrêmes ou les pertes agricoles liées aux sols dégradés.

À ce coût direct s’ajoutent les dépenses sanitaires, estimées à plus de 7 400 milliards d’euros pour la seule pollution de l’air. Le rapport souligne que la pollution reste responsable de neuf millions de décès prématurés par an, ce qui alourdit les charges publiques, fragilise la productivité et perturbe les marchés du travail. Les phénomènes météorologiques extrêmes, eux, représentent déjà une facture annuelle supérieure à 132 milliards d’euros, un chiffre appelé à croître avec l’élévation des températures.

Les politiques publiques continuent de financer des projets nuisibles

En parallèle, les subventions nuisibles à l’environnement – évaluées à 1 380 milliards d’euros – entretiennent une économie fondée sur des externalités négatives massives. L’ONU appelle donc à une révision profonde des incitations économiques, évoquant la nécessité de passer d’un modèle centré sur le PIB à une approche fondée sur la richesse inclusive, intégrant les capitaux naturel et humain dans les indicateurs de performance.

Le rapport insiste enfin sur un paradoxe : éviter les dommages les plus sévères nécessiterait des investissements annuels d’environ 7 300 milliards d’euros jusqu’en 2050, mais ces dépenses devraient générer des bénéfices macroéconomiques bien supérieurs. Les projections indiquent un gain potentiel de plus de 18 400 milliards d’euros par an en 2070, puis jusqu’à 92 000 milliards dans la seconde partie du siècle. Autrement dit, la transition vers une économie bas carbone ne constitue pas un coût net, mais un arbitrage stratégique entre pertes certaines et rendements futurs massifs.

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