L’Assemblée nationale a adopté la création d’un congé naissance, un nouveau droit ouvert à chaque parent pour une durée maximale de deux mois chacun, soit jusqu’à quatre mois cumulés par couple. Cette mesure, inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, ambitionne de soutenir la natalité tout en favorisant une meilleure répartition du temps familial entre les femmes et les hommes.
Une mesure sociale largement soutenue au Parlement
C’est l’un des rares points d’accord de la session budgétaire. Avec 288 voix pour et seulement 15 contre, les députés ont validé la création de ce nouveau congé naissance, qui vient s’ajouter aux congés maternité et paternité déjà existants. Le dispositif permettra à chaque parent de prendre un ou deux mois de congé supplémentaire, selon ses besoins. Le couple pourra donc cumuler jusqu’à quatre mois d’absence au total, de manière flexible.
Le gouvernement met en avant un double objectif : relancer la natalité française, en chute libre depuis dix ans, et corriger les déséquilibres économiques qui pèsent encore sur les femmes après une naissance. « Nous devons lever les freins à la parentalité, en particulier pour les jeunes actifs », a rappelé un député de la majorité lors du vote à l’Assemblée, rapporté par BFM TV.
La France, qui enregistrait encore plus de 800.000 naissances par an en 2010, est passée sous la barre des 700.000 en 2024, selon l’Insee. Une tendance qui pèse à la fois sur la croissance potentielle et sur la soutenabilité des régimes sociaux.
Un congé indemnisé par la Sécurité sociale
Le congé naissance sera indemnisé par la Sécurité sociale à hauteur de 70% du salaire net pour le premier mois et 60% pour le second. Ce modèle reprend celui des congés maternité et paternité. Les partenaires sociaux auront la possibilité d’améliorer le dispositif : certaines conventions collectives prévoient déjà un complément de rémunération versé par l’employeur, permettant d’atteindre 100% du salaire.
Les organisations syndicales accueillent favorablement la mesure, tout en appelant à la vigilance. Pour la CFDT, « le congé naissance ne doit pas devenir un luxe réservé aux cadres ». Le risque, selon elle, serait que les ménages les plus modestes y renoncent en raison d’une indemnisation jugée insuffisante.
Un signal fort pour la politique familiale
Derrière cette mesure, le gouvernement veut adresser un message politique : celui d’un investissement social destiné à renforcer la cohésion des familles et à soutenir la démographie.
Le ministre des Comptes publics estime que le coût de ce nouveau dispositif sera compensé, à long terme, par les effets positifs sur l’emploi féminin, la natalité et donc sur les recettes sociales.
Le congé naissance s’inscrit aussi dans une logique d’égalité professionnelle : en incitant les deux parents à s’impliquer dans les premiers mois de l’enfant, le gouvernement espère atténuer les écarts de carrière liés à la maternité. L’entrée en vigueur est prévue pour 2026, sous réserve de l’adoption définitive du texte par le Sénat.


