Consommation : l’offensive de Familles Rurales sur les prix

Les marges de la grande distribution sont redevenues un sujet brûlant pour les familles. Le 12 février 2026, Familles Rurales a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence pour contester la façon dont se forment certains prix alimentaires. L’association met en avant une idée simple, mais lourde de conséquences pour la consommation : des produits « d’appel » très visibles seraient vendus avec peu de marges, tandis que d’autres produits, jugés indispensables à une bonne alimentation, supporteraient davantage de marges et donc coûteraient plus chers.

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Familles Rurales a annoncé demander une enquête sectorielle à l’Autorité de la concurrence sur la formation des prix et la répartition des marges dans la grande distribution. L’association dit s’appuyer sur son « Observatoire des prix 2025 » et sur des données publiques pour expliquer ce qu’elle reproche aux enseignes : un système de marges qui, selon elle, rend l’alimentation saine plus difficile à atteindre pour une part croissante de ménages.

Familles Rurales : ce que l’association reproche concrètement aux prix en supermarché

Le cœur de l’accusation porte sur un mécanisme que Familles Rurales appelle la « péréquation des marges ». Derrière ce terme, l’association décrit une logique d’équilibrage interne : les magasins accepteraient de gagner très peu, voire presque rien, sur quelques produits ultra-populaires, parce que ces prix bas attirent le client et servent de vitrine. Ensuite, le manque à gagner serait compensé ailleurs, avec davantage de marges sur d’autres achats, dont des produits frais.

Sur ce point, Familles Rurales met des mots très clairs sur la pratique qu’elle dénonce. Dans une citation reprise par LePetitJournal, Nadia Ziane, directrice du département consommation de Familles Rurales, explique que « la péréquation des marges (…) consiste, pour les supermarchés, à ne gagner quasiment pas d’argent sur certains produits d’appel sucrés (…) et à se rattraper sur d’autres comme les fruits et légumes ». L’association ne dit pas seulement que les prix sont « trop élevés ». Elle affirme que la structure des marges pousserait mécaniquement les familles vers des achats moins favorables à une bonne alimentation.

Marges, concurrence et grande distribution : pourquoi Familles Rurales saisit l’Autorité de la Concurrence

En saisissant l’Autorité de la concurrence, Familles Rurales cherche une réponse institutionnelle à une question qu’elle juge structurelle : comment se construisent les prix et comment se répartissent les marges entre rayons, marques et catégories de produits. L’association demande une enquête sectorielle, c’est-à-dire une investigation large sur un secteur entier, et pas un simple litige ponctuel. L’objectif, pour Familles Rurales, est de mettre sur la table des informations comparables et contrôlées, afin de trancher ce qu’elle considère comme une zone grise : l’équilibre entre marges faibles sur certains produits d’appel et marges plus fortes sur d’autres produits.

Le timing est aussi politique. Dans son communiqué, l’association de défense des consommateurs relie explicitement sa démarche à la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC). L’association estime que la stratégie affiche des objectifs, mais ne fixe pas de leviers « contraignants » pour agir sur la formation des prix et sur les marges en grande distribution. Elle formule sa critique de manière directe : « La SNANC vient d’être publiée. (…) Mais sans action structurelle sur les prix, l’accès à cette dernière restera un privilège pour trop de consommateurs. », selon Familles Rurales. Autrement dit, l’association demande un cadre qui permette d’influencer réellement les prix et, selon elle, d’améliorer l’accès à une alimentation plus saine. Familles Rurales avance qu’une famille de quatre, en suivant les recommandations du PNNS, serait autour de 800 euros par mois en panier non bio et 1 314 euros par mois en panier bio. Et même en allant au plus bas, « en renonçant à la diversité des produits et en isolant les moins chers », le coût serait de 539 euros par mois.

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