Droits de douane américains : marche arrière toute pour l’UE

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Droits de douane américains : marche arrière toute pour l’UE | journaldeleconomie.fr

Quelques heures auront suffi à l’Union européenne pour annuler ses contre-mesures douanières contre les États-Unis. Face au gel unilatéral décidé par Donald Trump, Bruxelles choisit la retenue, le temps de voir si les discussions commerciales débouchent sur un accord durable.

L’UE suspend ses hausses douanières en réponse à Trump

Le 9 avril 2025, Donald Trump a annoncé une suspension de 90 jours des droits de douane dits « réciproques » visant 75 pays, soit à peine une semaine après leur entrée en vigueur. Parmi les partenaires concernés, il y avait, bien évidemment, l’Union européenne, qui faisait face à une hausse tarifaire de 20 % sur ses exportations vers les États-Unis. Ursula von der Leyen a confirmé, ce jeudi 10 avril 2025, que Bruxelles mettait en pause ses propres contre-mesures, pourtant finalisées la veille. La présidente de la Commission européenne a précisé que « si les négociations ne sont pas satisfaisantes, nos contre-mesures entreront en vigueur » (Les Echos).

Ce geste de réciprocité a suspendu l’entrée en application de hausses tarifaires européennes allant de 10 % à 25 % sur une série de produits emblématiques américains, comme les motos, le jus d’orange ou certains appareils électroménagers. L’escalade, qui semblait enclenchée depuis plusieurs jours, s’est donc interrompue, du moins provisoirement, dans une logique d’apaisement. À Bruxelles, l’idée d’une réponse graduelle et sectorielle reste sur la table en cas d’échec des pourparlers.

Reflux des tensions commerciales et stratégie d’isolement de la Chine

L’annonce surprise de Washington a rapidement détendu les marchés. À la clôture du 10 avril 2025, les indices européens ont bondi : le CAC 40 a gagné 6,27 %, le DAX allemand 7,81 %, et la Bourse de Milan a progressé dans les mêmes proportions. Du côté des professionnels, la prudence demeure. Nicolas Ozanam, de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux, a salué « une demi-bonne nouvelle », rappelant que les contraintes logistiques, la volatilité des prix et l’incertitude politique continuent de peser sur les exportateurs européens (Reuters).

Mais au-delà de ce répit temporaire, un constat s’impose : la manœuvre de Donald Trump a porté ses fruits. En renonçant brusquement à l’escalade tarifaire, il a obtenu ce qu’il recherchait — l’ouverture de négociations avec une majorité de ses partenaires. Selon la Maison-Blanche, plus de 70 pays ont engagé des discussions bilatérales dans les heures ayant suivi l’annonce, preuve que la menace tarifaire a fonctionné comme levier. Seule la Chine a choisi la confrontation, répliquant par une surtaxe de 84 % sur les produits américains, ce à quoi Washington a répondu par un relèvement des droits à 125 %. Un isolement révélateur : pour Trump, les rapports commerciaux n’ont rien de diplomatique — sa méthode se veut volontairement offensive, brutale même, ce que ses partenaires n’avaient pas anticipé – ou plutôt refusé de voir en le prenant pour un fou – et ce qui la rend redoutablement efficace.

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