L’enseignement supérieur en France, et plus particulièrement dans les grandes écoles de commerce, se transforme avec l’augmentation notable des frais de scolarité prévue pour 2025. Les étudiants et leurs familles tirent la sonnette d’alarme, surtout quand on pense à l’accès à ces institutions réputées. Les raisons de ces hausses sont diverses, mêlant pressions économiques et ambitions à l’international.
Des frais d’inscription qui grimpent
Les tarifs des écoles de commerce françaises atteignent des niveaux inédits. Par exemple, HEC Paris a désormais dépassé la barre symbolique des 70 000 euros. Skema pratique un coût de 56 000 euros pour trois ans, en incluant l’année de césure. Quant à ESCP, Essec, emlyon et Edhec, leurs frais se chiffrent au-delà de 60 000 euros. À l’inverse, l’IMT-BS reste la moins onéreuse avec 28 000 euros.
Cette hausse générale tourne autour de 6 %, générant un surplus attendu de 19 millions d’euros pour les cursus post-prépa. Toutefois, certaines écoles, telles que ICN BS, Inseec et Brest BS, ont choisi de maintenir leurs tarifs inchangés. D’autres institutions ont procédé à des ajustements tardifs, avec une augmentation de 250 euros chez TBS Education et une hausse de 6 000 euros pour l’ESCP.
Plusieurs éléments expliquent cette évolution tarifaire. D’abord, la disparition des subventions publiques versées par les chambres de commerce et d’industrie joue un rôle important. L’inflation et la nécessité de revoir les salaires alourdissent les charges des établissements. Comme le rappelle Eric Ponsonnet d’HEC : « Entre la crise sanitaire et deux années d’inflation, la quasi-totalité des hausses des droits a été consacrée à ajuster les rémunérations. »
Par ailleurs, les écoles investissent massivement pour se développer face à une concurrence internationale de plus en plus présente. Aujourd’hui, les frais de scolarité représentent environ 90 % des recettes totales, incitant les établissements à explorer d’autres sources de financement.
Un marché du travail compliqué pour les jeunes diplômés
La situation sur le marché de l’emploi ne facilite guère la donne pour les jeunes diplômés. Le salaire annuel moyen sans primes atteint désormais environ 41 000 euros, avec une hausse de 2 %. Cependant, seulement 67 % des jeunes diplômés trouvent un emploi, soit une baisse de 10 points en deux ans, et près d’un sur cinq reste à la recherche d’un poste en raison du nombre réduit d’opportunités ces derniers temps.
Des investissements à prix d’or
Malgré ces défis financiers, les écoles de commerce continuent de miser sur leur développement et leur modernisation. Le campus d’HEC à Jouy-en-Josas se refait une beauté avec un projet évalué à 230 millions d’euros. Parallèlement, le boom démographique étudiant et la réforme de l’apprentissage mettent ces institutions sous pression, d’autant que leurs effectifs stagnent depuis 2022.
Sur le plan académique, le recrutement international se renforce, certains professeurs-chercheurs pouvant bénéficier d’une rémunération brute annuelle supérieure à 150 000 euros.
L’accessibilité remise en cause
La fin de la gratuité pour les boursiers à l’IMT Business School marque un tournant, soulignant l’importance de la réforme des bourses. Désormais, ces étudiants doivent régler de nouveaux frais de 4 500 euros par an. Avec près de 46 % des étudiants du programme grande école bénéficiaires d’une bourse du Crous, cette décision risque d’accentuer l’écart entre boursiers et non-boursiers.
Certains établissements proposent des prêts avantageux sans exigence de caution via BNP Paribas, avec un taux fixe de 0,99 %, mais cela ne suffit pas toujours à calmer les inquiétudes. Amélie Vercellino le résume bien : « Je trouve ça vraiment très cher. C’est stressant d’avoir un si gros prêt sur les épaules. »



