« Il semble évident que l’État n’est pas fiable », a écrit David Lisnard, maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle, dans une publication sur X le vendredi 21 août 2026. Il ajoute que l’État « ne peut à ce jour assumer les devoirs pour lui qui découlent des obligations qu’il impose aux autres, en l’occurrence aux entreprises », avant de conclure que « l’obligation généralisée de la facture électronique doit être suspendue ».
Son appel intervient quelques jours après la révélation d’une fuite de données touchant la Direction générale des finances publiques (DGFiP), l’administration qui opère le concentrateur de données de la réforme censée entrer en vigueur au 1er septembre 2026.
Il semble évident que l’Etat n’est pas fiable. Il ne peut à ce jour assumer les devoirs pour lui qui découlent des obligations qu’il impose aux autres, en l’occurrence aux entreprises.
Par conséquent et de façon réaliste, l’obligation généralisée de la facture électronique doit… https://t.co/27GMHqhqbg— David Lisnard (@davidlisnard) August 21, 2026
Une fuite de données chez l’organisme opérant le concentrateur de la réforme
La DGFiP a reconnu une violation de données notifiée le 14 août 2026, qui touche 678 000 particuliers et entreprises. Selon la Commission nationale de l’informatique et des libertés, les informations exposées sont des données fiscales détaillées, mais n’incluent ni identifiants ni mots de passe des contribuables. La DGFiP a par ailleurs confirmé, le 18 août, au moins trois intrusions malveillantes sur ses serveurs depuis le mois de juin.
Aucune source officielle, à la date du 19 août, ne relie ces accès illégitimes à l’infrastructure de facturation électronique elle-même, ni au Portail public de facturation ni aux plateformes partenaires.
C’est pourtant sur ce lien de confiance que Sarah Knafo, eurodéputée du parti Reconquête !, a bâti sa propre charge sur X. Elle réclame de « suspendre immédiatement l’obligation de la facturation électronique » et demande également l’arrêt des travaux sur la vérification d’identité sur internet.
Monsieur @SebLecornu, il faut suspendre immédiatement l’obligation de la facturation électronique et vos travaux sur la vérification d’identité sur internet.
Un État incapable de protéger nos données et qui ne nous dit pas comment il compte s’améliorer n’est pas légitime pour… https://t.co/M0BN1ZhDFS
— Sarah Knafo (@knafo_sarah) August 21, 2026
Pour elle, « un État incapable de protéger nos données et qui ne nous dit pas comment il compte s’améliorer n’est pas légitime pour centraliser encore davantage nos informations ». Elle interpelle nommément Sébastien Lecornu et appelle à « repenser totalement notre politique de souveraineté et de sécurité numérique ».
Ces prises de position s’inscrivent dans un climat plus large de multiplication des cyberattaques visant les services publics français, ministères compris.
À ce stade, le calendrier n’a pas bougé. Le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024, toujours en ligne sur Légifrance, fixe l’échéance du 1er septembre 2026 sans qu’aucun nouveau texte ne l’ait modifiée. Le gouvernement n’a pas réagi publiquement aux demandes de David Lisnard et Sarah Knafo. Selon le magazine économique Capital, ces appels n’ont, pour l’heure, aucun effet juridique : l’obligation continue de s’appliquer.
Concrètement, à partir du 1er septembre, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être capables de recevoir des factures dématérialisées, via le Portail public de facturation ou une plateforme immatriculée. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront en plus émettre elles-mêmes ces factures électroniques et transmettre leurs données de transaction à l’administration.
Le site spécialisé Mon.expert, une information reprise par Le Figaro, souligne que l’architecture du système reste décentralisée : les factures circulent entre plateformes, un annuaire central sert d’adresse de routage, et seules des données réglementaires, montants, TVA, identifiants, remontent vers l’administration.
Pour les entreprises concernées, les recommandations tiennent en trois points :
- préparer la réception des factures via le portail ou une plateforme immatriculée,
- renforcer les règles internes de cybersécurité,
- et suivre de près les annonces de la DGFiP, de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information et de la CNIL.






